Google ouvre une carte mondiale de l’adoption de l’IA au travail

Visualisation officielle de Google AI and Economy ATLAS
AI & Economy ATLAS permet d’explorer l’adoption de l’intelligence artificielle selon les pays et les métiers. Visuel officiel Google.

Google ouvre au public une nouvelle interface interactive de son projet AI & Economy ATLAS, qui cartographie l’usage de l’intelligence artificielle selon les pays et les métiers. Le groupe publie en parallèle une étude sur les pratiques de plus de 600 scientifiques aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Des millions de points de données à explorer

L’outil permet de comparer l’adoption de l’IA dans les activités professionnelles et la vie quotidienne. Google cite notamment l’Inde, où les métiers créatifs représentent 19 % des usages professionnels observés, soit 1,6 fois la moyenne mondiale. Aux États-Unis, les professions informatiques et mathématiques concentrent 30 % de ces usages, deux fois plus que dans le reste du monde.

ATLAS met également en évidence des différences entre pays de l’OCDE et économies hors OCDE. Dans les premières, les professions informatiques, mathématiques, financières et commerciales dominent. Ailleurs, les fonctions administratives, l’éducation et les métiers créatifs occupent une place plus importante.

Google souligne que le niveau de revenu reste corrélé à l’adoption, sans tout expliquer. Le Brésil et les Émirats arabes unis utilisent davantage l’IA que leur produit intérieur brut par habitant ne le laisserait prévoir. Pour les tâches manuelles, le diagnostic d’équipements représente 7 % des usages professionnels au Brésil et en Allemagne, contre 4 % au Japon.

Près de sept heures gagnées par semaine chez les scientifiques

La seconde partie de l’annonce s’appuie sur une étude menée avec Google DeepMind et MIT FutureTech. Elle analyse 2 600 modèles spécialisés et une enquête auprès de plus de 600 scientifiques. Près de la moitié des répondants déclarent utiliser une forme d’IA chaque jour.

Les grands modèles de langage sont répartis dans de nombreux domaines, tandis que les modèles spécialisés restent plus présents dans les sciences de la vie, la prédiction et la simulation. Les scientifiques interrogés estiment économiser un peu moins de sept heures par semaine.

Ce gain ne se transforme pas automatiquement en découvertes supplémentaires. L’étude relève du temps consacré à vérifier les résultats, une accumulation d’hypothèses non testées et de nouveaux goulets d’étranglement dans l’expérimentation physique ou la validation clinique.

Une carte utile, mais issue de l’écosystème Google

ATLAS fournit un panorama rare par son échelle et son niveau de détail. Il faut toutefois lire ses indicateurs avec leur méthodologie : le projet repose sur des données et des catégories construites par Google, un acteur directement intéressé à la diffusion de l’IA.

L’interface ouverte doit faciliter les comparaisons et permettre aux chercheurs d’examiner les écarts entre métiers. Sa valeur dépendra de la transparence des échantillons, de la stabilité des définitions et de la possibilité de confronter ces résultats à des enquêtes indépendantes.

Sources : annonce de Google et interface AI & Economy ATLAS.

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