Chine et Asie

La Chine supprime 12 200 filières universitaires et mise tout sur l’IA, la robotique et l’intelligence incarnée

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La Chine mène l’une des plus vastes réformes universitaires de son histoire récente. Entre 2021 et 2025, les établissements d’enseignement supérieur ont supprimé ou suspendu 12 200 cursus et créé 10 200 nouvelles filières, principalement tournées vers l’intelligence artificielle, la robotique et les technologies émergentes. D’après les données du ministère chinois de l’Éducation relayées par l’agence Xinhua, plus de 30 % des programmes universitaires du pays ont été réorganisés.

Un grand ménage dans les cursus jugés saturés

La réforme cherche à rapprocher l’offre universitaire des besoins économiques du pays. Les suppressions touchent surtout les lettres, les langues étrangères, les arts, le management et certaines sciences humaines, considérés comme saturés ou offrant des débouchés limités. Cette restructuration intervient dans un climat tendu, marqué par les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes diplômés et par la montée rapide de l’IA dans de nombreux secteurs.

L’IA et l’intelligence incarnée comme priorité nationale

En parallèle des suppressions, les universités chinoises ouvrent massivement des cursus spécialisés en IA, science des données, semi-conducteurs, robotique et « intelligence incarnée » (embodied intelligence), une discipline qui combine intelligence artificielle et systèmes robotiques. Plusieurs grands établissements ont déjà lancé ou annoncé de nouvelles spécialisations dans ces domaines.

Cette orientation colle à la stratégie de Pékin, qui veut renforcer son autonomie technologique et former en masse les compétences attendues par les industries de demain. La notion d’intelligence incarnée devient le nouveau standard des cursus d’ingénierie avancée, signe que le pays mise sur le passage de l’IA logicielle au monde physique des robots.

Même les écoles de médias sont concernées

Le mouvement gagne aussi les filières créatives. La Communication University of China a fusionné ou restructuré plusieurs cursus liés à l’image et à l’audiovisuel. La photographie, par exemple, a été intégrée dans un programme plus large dédié au cinéma et à la production, l’université estimant que les outils numériques et l’IA transforment en profondeur ces métiers.

La Chine n’est pas le seul pays à adapter son système éducatif aux bouleversements technologiques, mais l’ampleur de la réforme reste exceptionnelle. Le volume des programmes supprimés ou créés illustre la volonté des autorités d’aligner l’enseignement supérieur sur les besoins industriels, et de placer la robotique au rang de priorité stratégique nationale.