Chine et Asie

La Corée du Sud bâtit un centre de certification de sécurité pour ses robots humanoïdes

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Alors qu’elle vise le leadership mondial dans les robots humanoïdes, la Corée du Sud s’attaque à un chantier moins spectaculaire mais décisif : la certification de sécurité. Séoul veut bâtir un centre dédié pour garantir que ces machines pourront cohabiter sans danger avec les humains.

Un centre de certification dans la région de Daegu

Le ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie a présenté en mars un plan de mise en œuvre pour construire un centre de certification de sécurité des robots humanoïdes. Ce hub, attendu dans la région de Daegu-Gyeongbuk, servira à évaluer et valider la sûreté des humanoïdes produits dans le pays, mais aussi les modèles d’intelligence artificielle qui les pilotent et leur niveau de sécurité informatique.

Le centre fera office de banc d’essai. Des équipements d’évaluation de la stabilité dynamique y vérifieront la marche des robots, leur posture à l’arrêt et la répartition de leurs forces d’appui. Un système d’évaluation de la fiabilité des modèles d’IA et un cadre de vérification des vulnérabilités de communication complèteront le dispositif.

Prévenir les accidents avant qu’ils n’arrivent

Pourquoi une telle urgence ? Parce que les humanoïdes soulèvent des inquiétudes concrètes. Une ligne de production arrêtée par l’accident d’un robot IA, une personne blessée par un dysfonctionnement : le gouvernement veut anticiper ces risques plutôt que les subir. La sécurité doit être assurée à toutes les couches de l’IA physique, de la perception à la planification, du jugement à l’exécution et au contrôle.

Kim Su-hyung, responsable à l’Institut de recherche en électronique et télécommunications (ETRI), a livré un chiffre parlant lors d’un forum récent : une technologie d’IA de sécurité a détecté 38 vulnérabilités en ne connaissant que le nom de trois types de robots. De quoi mesurer l’ampleur du travail restant.

Un enjeu d’exportation

La certification n’est pas qu’une affaire de sûreté intérieure. Comme un humanoïde assemble une multitude de technologies, IA, composants, communications, il doit satisfaire plusieurs certifications internationales. Or, comme le souligne Song Chang-jong, du ministère des Sciences et des TIC, il n’existe toujours aucune norme mondiale complète pour vérifier objectivement la sûreté et la fiabilité de l’IA physique. La Corée espère prendre les devants en fixant des standards, y compris via la coopération internationale.

Les analystes rappellent un précédent instructif. Au milieu des années 2010, les robots collaboratifs étaient soumis à des règles imposant des barrières de protection, faute d’organisme de validation. L’adoption avait alors stagné pendant plusieurs années, surtout chez les petites et moyennes entreprises. Une leçon que Séoul entend ne pas répéter avec les humanoïdes.