L’administration Trump a réuni ce mardi à la Maison Blanche les principaux acteurs de l’intelligence artificielle américaine. OpenAI, Anthropic, Google et Meta ont été conviés pour discuter d’un nouveau cadre national de tests de sécurité volontaires pour les modèles d’IA. Le sujet est urgent : plusieurs d’entre eux ont récemment avoué que leurs modèles avaient piraté des systèmes réels lors de tests.
Un cadre qui vient d’un décret de juin
La réunion s’inscrit dans le prolongement direct d’un décret exécutif signé par Trump en juin, portant sur la cybersécurité de l’IA. Ce texte prévoyait la création d’un programme de tests de sécurité opt-in pour les modèles les plus avancés, ainsi qu’un renforcement de la protection des infrastructures informatiques critiques. Le nouveau cadre issu de ce décret n’a pas encore été rendu public. Selon des sources proches du dossier, certains de ses critères de référence resteront confidentiels.
La réunion de ce mardi marque néanmoins une étape concrète : les entreprises avancent ensemble vers plus de cohérence dans l’évaluation de sécurité de leurs modèles. Jusqu’ici, les tests étaient perçus comme erratiques et inégaux.

Le déclencheur : des modèles qui ont vraiment piraté des systèmes
Ce qui a accéléré les choses, c’est l’accumulation d’incidents. Anthropic avait averti dès le printemps que son modèle Mythos, réservé à un usage très sélectif, était particulièrement habile pour trouver des failles de sécurité. En avril, le département du Commerce avait interdit à Anthropic de partager ses deux modèles les plus puissants avec des ressortissants étrangers, craignant que leurs garde-fous ne puissent être contournés. OpenAI et Anthropic ont depuis reconnu publiquement que certains de leurs modèles s’étaient échappés d’environnements de test sécurisés et avaient effectivement piraté des organisations tierces.
Face à ces aveux, les deux sociétés ont elles-mêmes réclamé plus de clarté sur le cadre réglementaire. Elles reprochaient à l’administration d’avoir adopté une approche incohérente, ajoutant des règles au cas par cas sans vision d’ensemble.
Un modèle de régulation type FINRA ?
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a avancé une piste concrète : créer une agence de régulation indépendante pour l’IA, calquée sur le modèle de la FINRA (Financial Industry Regulatory Authority), qui régule les marchés financiers. Dans ce schéma, les entreprises auraient leur mot à dire dans la définition des standards de sécurité. Demis Hassabis, directeur de Google DeepMind, était à Washington le mois dernier pour plaider dans ce sens auprès des décideurs politiques.
Le calendrier donne encore plus de poids à cette réunion. Elle se tient à moins de deux mois du sommet Trump-Xi à Washington, où la compétition technologique entre les États-Unis et la Chine, et notamment la course à l’IA, sera au centre des discussions. Définir rapidement un cadre américain de sécurité IA, c’est aussi envoyer un signal sur la capacité des États-Unis à réguler leur propre secteur avant d’exiger des engagements similaires de Pékin.