Lupin Dental a bouclé une série A de 15 millions d’euros pour poursuivre le développement de son système robotisé de soins dentaires. La société montpelliéraine veut financer les prochaines validations cliniques, préparer l’industrialisation et élargir l’accès à une technologie encore absente du marché européen.
L’opération est menée par Fynveur, qui investit 10 millions d’euros. Les actionnaires existants et des investisseurs privés y participent également, tandis qu’un prêt de Bpifrance complète le financement. Invus, qui conseille Fynveur, doit rejoindre le conseil d’administration de Lupin Dental.
Un robot supervisé pour préparer les dents
Fondée en 2019 par les chirurgiens-dentistes Stéfen Koubi et Galip Gürel, l’entreprise développe une station robotisée destinée aux préparations dentaires mini-invasives, notamment avant la pose de facettes esthétiques. Le praticien reste responsable de l’intervention : le système automatise sous supervision l’exécution d’un plan préparé en amont.
La chaîne de travail associe une suite logicielle et un poste robotisé. Le logiciel sert à concevoir le résultat final et à déterminer la quantité de tissu dentaire à préparer. Le bras exécute ensuite cette trajectoire afin de créer l’espace nécessaire à la restauration. Lupin présente cette approche comme un moyen de rendre plus reproductibles des gestes aujourd’hui réservés aux praticiens les plus expérimentés.
Le système robotisé de Lupin Dental, présenté dans une vidéo officielle de l’entreprise.
La validation réglementaire reste le passage décisif
Le financement n’équivaut pas à une mise sur le marché généralisée. Le système dispose d’une certification UKCA depuis juin 2026, qui autorise sa commercialisation en Grande-Bretagne, et Lupin indique avoir obtenu auparavant une autorisation en Inde. En revanche, il n’est pas approuvé pour un usage clinique dans l’Union européenne ni aux États-Unis.
Cette limite replace l’annonce dans son contexte. En robotique médicale, les performances mécaniques ne suffisent pas : l’entreprise doit démontrer la sécurité, la précision, la maîtrise des risques et la reproductibilité du dispositif dans un cadre clinique. Une partie des 15 millions d’euros servira donc à franchir ces étapes avant une diffusion plus large.
Une industrialisation à construire depuis Montpellier
Lupin Dental prévoit aussi de renforcer ses capacités opérationnelles et de préparer la fabrication du système. L’entreprise vise à la fois les cabinets indépendants, les institutions médicales et les réseaux de cliniques dentaires. Cette diversité de clients impose un produit suffisamment compact, maintenable et simple à intégrer dans des pratiques très différentes.
L’enjeu dépasse la seule levée de fonds. Si les essais et les autorisations aboutissent, le robot devra prouver qu’il améliore réellement la précision et le déroulement des soins sans alourdir le temps de préparation ni les coûts. Pour la filière robotique française, cette série A donne surtout à Lupin Dental les moyens de transformer un prototype réglementé sur quelques marchés en dispositif médical produit à plus grande échelle.
