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Meta lance Meta Compute pour vendre son surplus de puissance de calcul IA et défier CoreWeave

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Meta transforme ses gigantesques centres de données en source de revenus. Le groupe a annoncé le lancement de Meta Compute, une activité cloud destinée à vendre l’excédent de sa capacité de calcul dédiée à l’intelligence artificielle. L’objectif est clair : rentabiliser un programme de construction de data centers évalué à 130 milliards de dollars en le transformant en ligne de revenus. L’action Meta a bondi d’environ 9 pour cent après l’annonce, tandis que les valeurs spécialisées CoreWeave et Nebius reculaient nettement.

Puces GPU et serveurs dun centre de donnees Meta pour loffre cloud Meta Compute
Illustration RoboActu

Deux offres, un modèle inspiré d’AWS

Meta Compute repose sur deux briques. La première donne accès à des modèles hébergés, à commencer par Muse Spark, le modèle de fondation propriétaire à poids fermés lancé par Meta en avril. Les développeurs paieront pour exécuter des requêtes contre ce modèle, via un mécanisme proche de celui d’Amazon Bedrock : un accès par interface de programmation, sans avoir à provisionner ni gérer de matériel.

La seconde brique consiste à louer de la capacité de calcul brute, en clair des cycles GPU nus mis à disposition de tiers. C’est exactement le modèle des neoclouds pionniers comme CoreWeave. En entrant sur ce terrain, Meta s’attaque frontalement à ces acteurs, mais aussi aux géants installés que sont Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud.

Un pari pour trouver sa place dans l’IA

Le contexte est celui d’un Meta encore en quête de repères dans l’IA. Le groupe a dépensé 14 milliards de dollars l’an dernier pour recruter Alexandr Wang, fondateur de Scale AI, désormais à la tête de ses efforts en la matière. Muse Spark, premier modèle sorti sous sa direction, a été présenté comme une base solide plutôt que comme une offre à l’état de l’art. Meta Compute vise à valoriser autrement les investissements colossaux consentis dans l’infrastructure.

Meta dispose d’un atout que peu d’organisations peuvent répliquer : l’échelle. Ses campus Prometheus et Hyperion représentent un niveau d’investissement dans les data centers hors de portée de la plupart des acteurs. Le défi tient plutôt à la vente aux entreprises : Meta part de zéro sur ce marché, avec une marque que les directions informatiques associent d’abord aux réseaux sociaux et à la publicité, pas à l’informatique d’entreprise.

Une bataille pour la rentabilité du compute

L’arrivée de Meta rebat les cartes de l’infrastructure IA. En proposant à la fois des modèles hébergés et des GPU à la location, le groupe pourrait exercer une pression sur les prix pratiqués par les neoclouds spécialisés, dont les valorisations reposent largement sur la rareté de la capacité de calcul. La réaction boursière, avec des reculs marqués pour CoreWeave et Nebius, traduit cette inquiétude.

Reste une question ouverte, que l’exemple de la puce maison d’OpenAI illustre aussi : même les laboratoires d’IA les plus sophistiqués peinent à reconfigurer la façon dont l’industrie achète du calcul. Meta devra prouver qu’il peut vendre du cloud aux entreprises avec la même efficacité qu’il gère ses propres charges d’entraînement. La rentabilité par jeton, plus que la puissance brute, devient le vrai terrain d’affrontement.