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NVIDIA dévoile Isaac GR00T Reference Humanoid à GTC Taipei : un humanoïde open source basé sur l’Unitree H2 Plus et Jetson Thor pour servir de standard à la recherche académique

Par La Rédaction ⏱ 5 min de lecture

NVIDIA a annoncé ce 1er juin 2026 à GTC Taipei le lancement de l’Isaac GR00T Reference Humanoid Robot, un humanoïde open source destiné à devenir la plateforme standard de la recherche académique en robotique. La machine combine un châssis Unitree H2 Plus, des mains tactiles à cinq doigts Sharpa Wave et une puce embarquée Jetson AGX Thor. L’objectif assumé par Jensen Huang : démocratiser l’accès au matériel de pointe pour les laboratoires qui n’ont ni les moyens ni le temps de construire leur propre humanoïde.

L’annonce intervient quelques heures avant le passage de l’IPO de Unitree devant le comité de cotation du Shanghai Stock Exchange. NVIDIA choisit donc le moment exact où la jeune licorne chinoise grimpe sur la scène publique pour officialiser ce qui devient son partenaire matériel privilégié dans la robotique humanoïde.

Une fiche technique pensée pour la recherche, pas pour l’usine

Le robot mesure près de 1,80 m et pèse 68 kg, avec 31 degrés de liberté sur le corps. Les deux mains Sharpa Wave, conçues par la startup singapourienne du même nom, ajoutent 22 degrés de liberté supplémentaires, ce qui porte l’ensemble à 75 axes contrôlables. Les bras développent un couple de 120 newtons-mètres et soulèvent jusqu’à 7 kg en charge nominale, 15 kg en pic.

Côté cerveau, NVIDIA a embarqué son Jetson AGX Thor T5000 : une puce Blackwell de 2 070 FP4 téraflops, un CPU 14 cœurs Arm et 128 Go de mémoire unifiée, le tout dans une enveloppe thermique configurable de 40 à 130 watts. Autrement dit, la même classe de calcul que celle qu’on trouve dans les robotaxis Wayve ou les démonstrateurs Boston Dynamics, mais dans un robot livré clé en main.

La plateforme intègre aussi une caméra stéréo grand-angle, des caméras au poignet pour la manipulation rapprochée, une centrale inertielle, le Wi-Fi 6, le Bluetooth 5.2 et une batterie de 0,972 kWh donnant environ trois heures d’autonomie. Le bouton d’arrêt d’urgence est tenu à distance, ce qui répond au standard sécurité que le Fraunhofer IPA a justement épinglé chez le G1 la semaine dernière.

Le tout fonctionne sur la pile logicielle Isaac GR00T : Isaac Teleop pour la collecte de démonstrations, Isaac Sim et Isaac Lab pour l’entraînement en simulation, Isaac ROS pour le déploiement, et les modèles de fondation GR00T eux-mêmes pour le raisonnement multitâche. La plateforme supportera également l’Unitree G1, ce qui élargit son emprise sur la base installée existante dans les laboratoires.

Stanford, ETH Zurich, Ai2 et UC San Diego adoptent la plateforme

Quatre institutions de recherche figurent dans le communiqué de lancement. Stanford Robotics Center, dirigé par Steve Cousins, voit dans l’Isaac GR00T un moyen de partager du code et des comportements robotiques entre étudiants et collaborateurs sur du matériel commun. Marco Hutter, professeur à l’ETH Zurich (qui dirige aussi le Robotic Systems Lab à l’origine du quadrupède ANYmal), met l’accent sur la collecte de données et la validation d’algorithmes en conditions réelles.

Ai2, l’institut fondé par feu Paul Allen, et l’Advanced Robotics and Controls Laboratory de l’UC San Diego complètent la liste. Skild AI, la startup de Deepak Pathak qui développe des modèles fondateurs pour la robotique, salue aussi l’arrivée d’un référentiel commun.

Au-delà de Unitree, NVIDIA prépare un écosystème mondial

Dans la foulée, Jensen Huang a confirmé à Reuters que NVIDIA travaille déjà sur des partenariats équivalents avec des constructeurs d’humanoïdes aux États-Unis, en Europe et en Corée du Sud. Les noms n’ont pas été dévoilés, mais le mouvement est limpide : NVIDIA veut occuper la même position dans la robotique physique qu’il occupe dans l’IA générative, celle du fournisseur d’infrastructure incontournable.

Le contexte géopolitique pèse. Plusieurs élus américains ont récemment alerté sur les liens présumés entre Unitree et le gouvernement chinois, et certains réclament l’exclusion des robots chinois des programmes de recherche fédéraux. NVIDIA répond en insistant sur les fonctions de confidential computing intégrées à l’architecture Blackwell, et en élargissant son carnet de partenaires hors de Chine. C’est aussi une manière de garantir aux laboratoires américains et européens qu’ils pourront utiliser Isaac GR00T sans dépendre d’un châssis chinois.

Pour Unitree, l’opération est doublement gagnante. La startup de Wang Xingxing voit son matériel adoubé par le leader mondial du calcul accéléré, juste au moment où elle aborde la bourse de Shanghai avec une valorisation visée de 42 milliards de yuans. Pour NVIDIA, c’est un coup de boost narratif sur le segment qui doit prendre le relais de la croissance des centres de données dans les prochaines années.

Reste à voir si cette plateforme de référence accélèrera vraiment la recherche ou si elle figera prématurément l’industrie autour d’un design unique. La modularité revendiquée par NVIDIA, qui permet de n’utiliser que certains briques de la pile, est probablement la clé. Les premières livraisons aux institutions partenaires sont attendues dans les mois qui viennent.

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