OpenAI a annoncé lundi un accord de capacité massif au PORTS-Pike Technology Campus, dans le comté de Pike, dans l’Ohio. Le projet vise environ 8 gigawatts IT de capacité pour l’IA, en lien avec SB Energy, NVIDIA et le département américain de l’Énergie. Pour OpenAI, il s’agit d’une brique d’infrastructure destinée à soutenir l’entraînement de modèles de pointe et la demande croissante pour ChatGPT, Codex et ses autres produits.
Le site n’est pas présenté comme un simple centre de données isolé. OpenAI indique que SB Energy construira, possédera et exploitera le data center dans le cadre d’un bail de 20 ans, tandis qu’OpenAI utilisera la capacité livrée progressivement. Le campus doit accueillir exclusivement une infrastructure de calcul IA NVIDIA.
Un projet étalé jusqu’en 2032
Selon OpenAI, le chantier pourrait créer 35 000 emplois de construction pendant une phase de six ans, jusqu’en 2032, puis 2 500 emplois d’exploitation à long terme. L’entreprise annonce aussi 40 millions de dollars pour un fonds communautaire local, en plus d’un engagement de même montant déjà annoncé par SB Energy.
Un autre volet cible les étudiants de l’Ohio. OpenAI prévoit jusqu’à 84 millions de dollars de crédits Codex via ChatGPT pour environ 844 000 étudiants de collèges, universités, community colleges et écoles techniques de l’État, avec 100 dollars de crédits par compte éligible pendant l’année académique 2026-2027.
Le premier bloc de 800 mégawatts est attendu en 2028, en grande partie à partir d’infrastructures AEP existantes. La suite dépendra de nouvelles centrales raccordées au réseau, dont de la production au gaz naturel, ainsi que de nouvelles lignes de transmission, des autorisations, des revues environnementales et du financement.
NVIDIA finance et fournit le calcul
Le rôle de NVIDIA dépasse la fourniture de systèmes. OpenAI indique que NVIDIA investira 1,5 milliard de dollars dans SB Energy et apportera un soutien de crédit lié au foncier, à l’énergie et à la construction de l’enveloppe pour les 4,25 premiers gigawatts IT. Les deux entreprises doivent aussi collaborer à la conception, aux tests et à la mise en service du site.
OpenAI et NVIDIA prévoient de publier un livre blanc technique sur PORTS-Pike. Il doit porter sur la conception résiliente de l’infrastructure, la qualification des composants de centre de données et la gestion logicielle des charges pour améliorer la disponibilité du calcul à l’échelle de très grands clusters.
Notre analyse
Cette annonce montre à quel point l’IA de pointe devient une industrie d’infrastructure physique. Les modèles, les agents et les outils de code ne reposent pas seulement sur des algorithmes : ils dépendent de foncier, d’électricité, de refroidissement, de financement, de réseaux et d’une chaîne d’approvisionnement de GPU.
Le projet soulève aussi des questions de rythme et de dépendance énergétique. OpenAI insiste sur des coûts d’infrastructure assumés par le projet, sur un refroidissement à boucle fermée et sur des rapports publics annuels concernant l’embauche locale, l’eau et l’énergie. Ces engagements seront à suivre, car la taille annoncée place PORTS-Pike parmi les projets qui peuvent redessiner l’économie locale autant que la trajectoire industrielle de l’IA américaine.
