Opentrons a levé 40 millions de dollars en série E pour développer ses robots de laboratoire, ses logiciels et son infrastructure de données. L’entreprise veut transformer davantage de protocoles scientifiques en workflows programmables et exploitables par des systèmes d’intelligence artificielle.
Le tour de table annoncé le 29 octobre est mené par l’investisseur spécialisé dans la santé Avego, avec BroadOak Capital Partners. Fondée en 2014, Opentrons produit des robots de paillasse conçus pour automatiser les manipulations répétitives de liquides et d’échantillons.
Flex et OT-2 automatisent le pipetage
La gamme repose principalement sur deux plateformes. OT-2 cible les opérations courantes de pipetage avec une machine compacte et programmable. Flex augmente la capacité, prend en charge davantage d’échantillons et peut recevoir une pince robotisée pour déplacer des plaques entre plusieurs étapes d’un protocole.
Ces équipements peuvent être configurés pour l’extraction d’ADN, la PCR, la purification de protéines ou encore les analyses ELISA. Le but est de confier au robot les gestes répétitifs afin que les équipes scientifiques consacrent davantage de temps à la conception, au contrôle et à l’interprétation des expériences.
Plus de 11 000 robots annoncés
Opentrons indique avoir déployé plus de 11 000 robots dans des laboratoires de plus de 80 pays. La société affirme également équiper 90 % des vingt principaux groupes pharmaceutiques mondiaux. Ces chiffres, communiqués par l’entreprise, donnent une idée de la base installée que la nouvelle levée doit aider à étendre.
Le financement doit servir à renforcer à la fois les machines, la couche logicielle et les outils de données. Opentrons développe notamment des fonctions capables de préparer, exécuter et améliorer des protocoles. Une intelligence artificielle peut proposer une séquence expérimentale, mais le robot reste chargé de la traduire en actions physiques contrôlées dans le laboratoire.
Relier les modèles aux expériences
Le positionnement d’Opentrons répond à une limite fréquente de la recherche assistée par IA : les modèles peuvent générer des hypothèses plus vite que les laboratoires ne peuvent les tester. Standardiser les instruments et leurs interfaces doit permettre de boucler plus rapidement conception, exécution, mesure et nouvelle itération.
Notre analyse
La levée de 40 millions de dollars est moins spectaculaire que certains financements de robots humanoïdes, mais elle concerne une base de machines déjà installée et un travail clairement défini. Le laboratoire est aussi un environnement structuré, où les consommables, les volumes et les protocoles peuvent être décrits avec précision.
L’enjeu sera de préserver la reproductibilité, la traçabilité et la validation humaine à mesure que les logiciels gagnent en autonomie. Le passage d’un protocole généré à une expérience fiable ne dépend pas seulement du modèle : il exige des contrôles, des étalonnages et une gestion rigoureuse des erreurs. C’est sur cette continuité entre logiciel et matériel qu’Opentrons veut construire sa croissance.
Sources : annonce officielle d’Opentrons et SiliconANGLE.
