Un robot voiturier pour parkings d’aéroport
Stan est le robot de stationnement autonome développé par Stanley Robotics, une entreprise française fondée en 2015 et basée à Paris. Sa mission est volontairement spécialisée : prendre en charge une voiture standard dans une zone contrôlée, la soulever par les roues, la déplacer dans un parking sécurisé, puis la rapporter dans une cabine de restitution au retour du conducteur.
Le modèle n’est pas conçu pour circuler sur route ouverte ni pour transformer chaque voiture en véhicule autonome. Stanley Robotics le présente plutôt comme une couche robotique ajoutée temporairement au véhicule : Stan apporte la locomotion, la perception et la planification pendant la phase de parking, puis passe au véhicule suivant.
Fonctionnement et architecture
Le robot opère avec un logiciel de gestion de flotte qui modélise le site, attribue les trajets et optimise l’ordre des déplacements. Une fois la mission envoyée, chaque robot suit sa trajectoire, évalue les dimensions du véhicule, le soulève et surveille son environnement avec ses capteurs. En cas d’obstacle, Stanley Robotics indique que le robot s’arrête immédiatement.
La fiche officielle du constructeur mentionne une vitesse de 10 km/h, une capacité à lever des voitures jusqu’à 3 tonnes, la recharge autonome, l’exploitation intérieure et extérieure, ainsi qu’une localisation centimétrique combinant SLAM et dGPS. La plate-forme repose aussi sur ROS, sur de l’autodiagnostic logiciel et matériel, et sur une possibilité de téléopération via interface homme-machine.
Déploiement à Gatwick
Le déploiement le plus récent de Stan concerne London Gatwick, qui a annoncé en juillet 2026 le premier service de parking robotisé dans un aéroport britannique. Le passager réserve le service, entre dans une cabine privée près du terminal Sud, gare son véhicule, scanne sa réservation et conserve ses clés. Le robot récupère ensuite la voiture et la range dans une zone non accessible au public.
Gatwick indique que le service est compatible avec environ 95 % des modèles de véhicules, sous réserve de dimensions particulières, et qu’il s’appuie sur une zone surveillée avec contrôle par reconnaissance de plaque, clôture périmétrique et patrouilles de sécurité. Des limites de compatibilité publiées par l’aéroport couvrent notamment les véhicules jusqu’à 2,6 tonnes, 2,3 mètres de hauteur, 3,3 mètres d’empattement et 21 pouces de diamètre de roue.
Intérêt et limites
L’intérêt principal de Stan tient à la densification du stationnement : une fois les voitures confiées au système, il n’est plus nécessaire de laisser les mêmes espaces de circulation et d’ouverture de portières qu’un parking classique. Le robot s’adresse donc aux aéroports, ports, sites de production automobile et parcs logistiques où chaque place et chaque mouvement comptent.
Ses limites sont celles d’un robot d’infrastructure. Stan dépend d’un site préparé, d’une zone d’accueil, d’un logiciel de flotte et d’un cadre opérationnel sécurisé. Il ne remplace ni un véhicule autonome généraliste ni un robot mobile polyvalent ; il automatise une tâche précise, répétable et fortement contrainte.





