Le robot spatial JOY réussit ses essais en microgravité avant l’ISS

Le robot spatial JOY préparé pour ses essais en microgravité
JOY a cumulé 22 minutes en microgravité pendant quatre vols paraboliques au Canada. Image Icarus Robotics.

Le robot libre JOY d’Icarus Robotics a achevé quatre vols paraboliques et cumulé 22 minutes en microgravité. Cette campagne menée au Canada valide plusieurs fonctions critiques avant une démonstration prévue en 2027 à bord de la Station spatiale internationale.

Selon SpaceNews, les essais se sont déroulés du 9 au 11 septembre. JOY a traversé 66 paraboles pendant quatre vols. Icarus Robotics a annoncé les résultats le 17 septembre, après avoir testé le contrôleur de vol, les capteurs et les capacités de manipulation du robot.

Deux bras pour travailler sans point d’appui

JOY combine une plateforme capable de se déplacer librement dans un volume pressurisé et deux bras à sept degrés de liberté. L’ensemble dépasse 20 degrés de liberté. Le robot est conçu pour se déplacer sans rail, rejoindre une zone de travail puis manipuler des objets avec ses pinces.

La microgravité change fortement la dynamique d’un bras robotique. Une force modeste au sol peut faire pivoter tout le robot lorsqu’il flotte. Les lois de commande doivent donc coordonner les mouvements des bras et ceux de la base afin de conserver une trajectoire stable.

Lors des vols, l’équipe a testé le rangement et le déploiement des bras ainsi que plusieurs trajectoires rapides. Le directeur technique Jamie Palmer a indiqué à The Debrief que les mouvements avaient été exécutés avec précision et stabilité. Les ingénieurs ont aussi adapté leurs procédures à une brève phase de stabilisation de la gravité au début de chaque parabole.

Une répétition générale avant l’ISS

La campagne n’a pas servi uniquement à qualifier le matériel. Icarus Robotics a répété la planification des opérations, la coordination de l’équipage et les procédures de sécurité. L’entreprise prévoit de remettre le robot à la NASA en janvier pour son intégration au lancement.

Sur l’ISS, JOY doit prendre en charge des tâches logistiques et de maintenance à l’intérieur de la station. L’objectif est de libérer du temps pour les expériences scientifiques et les activités qui nécessitent directement un astronaute. Icarus présente aussi son robot comme une première étape vers des machines capables d’entretenir des stations commerciales, des centres de données orbitaux ou des infrastructures lunaires.

Une validation importante, mais encore terrestre

Les vols paraboliques reproduisent l’apesanteur pendant de courtes séquences. Ils fournissent des données impossibles à obtenir sur un banc d’essai, mais ne reproduisent ni la durée d’une mission orbitale ni toutes les contraintes opérationnelles de l’ISS.

Icarus doit encore réaliser des essais physiques, des simulations et des répétitions de communication avec l’infrastructure de la NASA. La démonstration de 2027 permettra de vérifier si JOY peut se déplacer et travailler de manière fiable pendant de longues périodes, au contact d’un équipage et d’équipements sensibles.

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