Le chiffre est net : 21,52 milliards de dollars en 2025, 45,95 milliards d’ici 2035, soit une croissance annuelle de 7,88 %. C’est l’ampleur du marché mondial de la robotique militaire selon une étude publiée par DataM Intelligence ce 12 juillet. Derrière ce chiffre, une réalité industrielle et stratégique qui s’accélère dans toutes les grandes armées du monde.

La guerre en Ukraine, les tensions en mer de Chine méridionale et les opérations au Moyen-Orient ont transformé les systèmes autonomes en priorités absolues. Les drones, les robots terrestres et les systèmes de reconnaissance sans pilote ne sont plus des gadgets expérimentaux : ils sont au cœur des doctrines militaires.
Washington centralise le commandement des systèmes sans pilote
En juillet 2026, le Département de la Guerre américain vient de créer un poste de gestionnaire de portefeuille dédié aux systèmes sans pilote. Sa compétence couvre les achats, les normes techniques, l’interopérabilité, les architectures ouvertes, la certification de sécurité, la logistique et le déploiement. La Defense Innovation Unit est désormais l’interface principale avec l’industrie commerciale pour ces programmes autonomes.
C’est un signal fort : après des années de projets dispersés entre branches militaires, l’armée américaine veut une approche unifiée. L’objectif est d’accélérer l’adoption industrielle des systèmes autonomes tout en assurant leur interopérabilité sur le terrain.
Lockheed, Northrop, Rheinmetall en première ligne
Les grandes entreprises de défense s’organisent. En avril 2026, Lockheed Martin et sa division Sikorsky, associée à Robinson Unmanned, ont décroché un contrat du Corps des Marines pour un programme de logistique aérienne autonome. Le système combine architecture ouverte modulaire et plateformes à décollage vertical éprouvées.
Northrop Grumman a, lui, démontré son drone Lumberjack lors de l’exercice Operation Lethal Eagle de l’armée américaine. Au programme : contrôle de mission autonome, communications au-delà de la ligne de vue, mises à jour en temps réel et bascule vers la surveillance sous supervision humaine. Rheinmetall, côté européen, étend également son portefeuille de systèmes autonomes.
L’IA comme multiplicateur de force
Le vrai moteur de cette croissance, c’est l’intelligence artificielle embarquée. Reconnaissance de cibles, navigation autonome, analyse ISR en temps réel, coordination entre essaims de drones : l’IA transforme des robots basiques en systèmes capables de prendre des décisions tactiques sous supervision humaine. Le marché ne fait que commencer sa montée en puissance.