Industrie

Tesla étend ses Robotaxis sans supervision à toute la zone métropolitaine d’Austin et aligne enfin sa flotte autonome sur son périmètre commercial

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Tesla a confirmé le 3 juin 2026 sur le compte officiel Robotaxi que son service de voitures autonomes sans chauffeur ni superviseur couvrait désormais toute la zone métropolitaine d’Austin. C’est la première fois que le périmètre des trajets sans intervention humaine rejoint celui des courses classiques. Mais derrière l’annonce, la flotte réelle reste minuscule face à Waymo.

Le constructeur californien opère un service de Robotaxi à Austin depuis juin 2025. Au lancement, chaque véhicule embarquait un superviseur Tesla en place passager pour rattraper d’éventuels incidents. En janvier 2026, le groupe a basculé une partie de la flotte en mode totalement autonome. Jusqu’à mercredi, ces voitures sans personne au volant étaient cantonnées à une portion limitée du centre d’Austin, alors que les courses supervisées couvraient une zone bien plus large.

Tesla Robotaxi roulant dans une rue d'Austin sans conducteur derrière le volant
Illustration RoboActu

Une expansion détectée par un client avant l’annonce officielle

L’ouverture a été repérée par un utilisateur local d’Austin, Jesse Richards, qui teste régulièrement les limites du service. En sollicitant des trajets vers des destinations situées au-delà du périmètre habituel, il a vu disparaître le message d’erreur « route unavailable ». Dans un premier temps, la zone autonome avait simplement plus que doublé. Quelques heures plus tard, sur une course en cours vers la périphérie nord, l’application a accepté toutes les adresses du Greater Austin sans restriction. Tesla a ensuite officialisé le déploiement sur son compte X.

Concrètement, cela signifie que les Robotaxi sans superviseur peuvent prendre et déposer des clients sur tout le territoire couvert auparavant par les seules courses surveillées. La zone correspond grossièrement à l’Austin Metropolitan Statistical Area, qui regroupe Austin, Round Rock et Pflugerville. Sur les routes, le service tourne nuit et jour depuis la levée du couvre-feu de mai dernier.

Une flotte de 21 voitures face à 619 Waymo

Les chiffres bruts douchent l’enthousiasme. Les registres du Texas Department of Motor Vehicles, consultés par Business Insider, indiquent que Tesla possède 42 véhicules immatriculés dans l’État. Un site de suivi indépendant estime à 21 le nombre de voitures réellement actives en mode sans superviseur. Le constructeur n’a pas annoncé d’augmentation de flotte parallèle à cette extension géographique.

À Austin, la concurrence est sévère. Waymo, lancé en mars 2025 avec Uber, totalise 619 véhicules autonomes enregistrés au Texas, soit près de trente fois plus. Le groupe d’Alphabet n’opère pas seulement à Austin mais aussi à Houston, San Francisco, Los Angeles, Phoenix et a ajouté six villes en 2026. Côté Tesla, le déploiement s’est étendu à Dallas et Houston au printemps, et une application Android est venue compléter la version iOS.

Une promesse Musk encore loin du compte

Elon Musk avait annoncé en 2024 que le Robotaxi d’Austin atteindrait 500 voitures avant la fin de 2025. À 21 véhicules actifs un an plus tard, le compteur reste bas. Les utilisateurs signalent régulièrement sur Reddit et X des temps d’attente erratiques. Mercredi après-midi, l’application affichait même un message « high service demand » aux usagers de San Francisco, qui pourtant n’ont pas accès à un service local.

Tesla justifie la lenteur par sa stratégie logicielle. Le grand saut de flotte est conditionné à l’arrivée de Full Self-Driving v15, une mise à jour majeure qui doit décupler la taille du réseau neuronal embarqué pour passer à 10 milliards de paramètres. Sans cette base, le constructeur estime que démultiplier les véhicules en circulation ne servirait qu’à creuser l’écart technique avec Waymo. Un centre de maintenance et de répartition dédié est par ailleurs en construction à Irving, dans la banlieue de Dallas, signe que la phase industrielle se prépare quand même.

Un calendrier sous surveillance fédérale

Cette accélération géographique intervient alors que la National Highway Traffic Safety Administration enquête sur plusieurs incidents survenus depuis le lancement d’Austin. Les premiers passagers avaient documenté des voitures roulant à contresens, des freinages fantômes et des dépôts en plein carrefour. Les autorités n’ont pas suspendu le service, mais elles ont demandé des données complémentaires sur le comportement des véhicules en mode unsupervised. La validation de la couverture intégrale de la zone métropolitaine d’Austin se fait donc à droit constant, sans nouvelle autorisation fédérale.

Pour le moment, le pari de Tesla est clair : étendre vite la couverture géographique pour produire des données réelles, accumuler du kilométrage en mode totalement autonome et attendre FSD v15 pour multiplier la flotte. Une stratégie qui contraste avec Waymo, qui sature un marché avant de passer au suivant. À Austin, les deux modèles cohabitent désormais sur le même goudron.

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