Tesla a publié ses résultats du premier trimestre 2026 mercredi 22 avril et annoncé une hausse spectaculaire de ses dépenses d’investissement. Le constructeur va dépenser plus de 25 milliards de dollars cette année, contre 20 milliards prévus il y a seulement trois mois, pour financer l’intelligence artificielle, ses puces maison et son robot humanoïde Optimus.
Le directeur financier Vaibhav Taneja l’a confirmé pendant la conférence aux analystes. Les dépenses d’investissement du premier trimestre ont déjà bondi de 67 pour cent par rapport à la même période de 2025, passant de 1,49 à 2,49 milliards de dollars. Le chiffre annuel de 25 milliards représente presque le triple des 8,6 milliards dépensés en 2025. Elon Musk a qualifié ces investissements de « largement justifiés » pour construire les futures sources de revenus de l’entreprise.

Des résultats auto qui redressent la barre
Le chiffre d’affaires du trimestre s’établit à 22,39 milliards de dollars, en retrait par rapport aux 22,64 milliards attendus par les analystes mais en hausse de 16 pour cent sur un an. Le bénéfice par action ajusté de 41 cents a dépassé les 37 cents anticipés. Les marges auto hors crédits réglementaires grimpent à 19,2 pour cent, leur meilleur niveau depuis plusieurs trimestres.
Ce rebond intervient dans un contexte difficile. Tesla a livré 358 023 véhicules sur le trimestre, un volume en hausse de 6 pour cent sur un an mais en recul par rapport au trimestre précédent. La marque doit composer avec la concurrence féroce de BYD et Xiaomi en Chine, et avec un boycott d’une partie des consommateurs occidentaux lié aux positions politiques d’Elon Musk.
L’usine de Fremont reconvertie pour Optimus
Tesla a confirmé dans son « shareholder deck » qu’il va reconvertir son usine historique de Fremont en Californie pour produire le robot humanoïde Optimus. L’objectif affiché reste ambitieux : 1 million d’unités par an à Fremont, puis 10 millions à terme au Texas. La production des Model S et X, arrêtée en janvier, libère la capacité industrielle nécessaire.
Parallèlement, la trésorerie de Tesla a été dopée par des effets exceptionnels. La Cour suprême américaine a invalidé en février une partie des tarifs douaniers de Donald Trump, permettant aux entreprises de réclamer des remboursements. Tesla a également enregistré un bénéfice ponctuel sur ses garanties automobiles. Vaibhav Taneja a précisé que Tesla n’avait pas encore reçu le bénéfice direct de la décision de la Cour suprême.
Le pari industriel sur Optimus
Musk continue de présenter Optimus comme le prochain grand moteur de croissance de Tesla. Les brevets de la génération 3 dévoilés la semaine passée montrent une main à 22 degrés de liberté pilotée par tendons, un choix d’architecture déjà validé par plusieurs constructeurs chinois. Tesla prépare aussi son assemblage à Shanghai pour approvisionner le marché asiatique.
Concrètement, le marché attend désormais des preuves de déploiement commercial. Les investisseurs sanctionnent la hausse des dépenses : l’action Tesla, qui avait d’abord gagné 4 pour cent en after-hours, a effacé ses gains à l’annonce du capex. Le titre reste en repli de 14 pour cent depuis le début de l’année, sous-performant l’ensemble des autres mégacapes tech américaines.
Reste à transformer ces milliards en véhicules et en robots livrés. Tesla pilote en parallèle son service de robotaxis sans superviseur à Dallas et Houston, et prépare la production d’Optimus Gen 3 à Fremont. 2026 se dessine comme l’année où le pari industriel devra prouver sa viabilité économique.
