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The Bot Company poursuivie pour avoir testé secrètement ses robots ménagers dans des Airbnb de San Francisco

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Une startup de la baie de San Francisco valorisée 2 milliards de dollars se retrouve devant la justice après qu’un hôte Airbnb a découvert que ses locataires testaient en réalité des prototypes de robots domestiques dans son logement. La plainte, déposée mardi 26 mai 2026 au tribunal supérieur de San Francisco, accuse The Bot Company d’avoir loué la maison sous de faux prétextes et de l’avoir laissée dégradée.

Sean Donovan, propriétaire d’une maison à San Francisco, raconte une histoire surréaliste. Le 12 avril 2026, huit personnes se présentent à son domicile avec de grandes caisses noires. La caméra Ring filme la scène. Quelques heures plus tard, le système de sécurité est désactivé. Deux jours plus tard, Donovan passe devant la maison et aperçoit par la fenêtre des câbles noirs scotchés aux murs, un homme tapant sur un ordinateur portable et, à côté, ce qui ressemble à un robot.

11 jours de test, des centaines de dollars de dégâts

Au départ des locataires, Donovan découvre un logement saccagé. Vaisselle déplacée, lave-vaisselle, réfrigérateur et machine à laver rayés, racks tordus, meubles en bois éraflés, carrelage de salle de bains ébréché. Un porte-chaussures et plusieurs paires de chaussures rangées dans un placard fermé à clé ont également disparu. Le montant réclamé : 12 383,50 dollars pour dommages et manque à gagner.

Après quelques recherches en ligne, Donovan identifie le responsable. The Bot Company, startup fondée par d’anciens de Tesla et de Cruise, a levé des centaines de millions de dollars et atteint une valorisation de 2 milliards de dollars selon la plateforme Sacra. L’entreprise n’a jamais dévoilé publiquement de prototype fonctionnel de son robot domestique. Le site corporate annonce sobrement vouloir construire « un robot utile pour chaque foyer », capable de prendre en charge « toutes les petites tâches qui grignotent notre temps ».

Une douzaine d’hôtes Airbnb concernés

Donovan n’est pas un cas isolé. Trois des invités liés à la réservation chez lui ont reçu des avis négatifs d’au moins douze autres hôtes Airbnb dans la baie de San Francisco. Tous décrivent les mêmes motifs : dégradations, meubles déplacés, vaisselle cassée, traces noires sur les murs. Un propriétaire d’une victorienne de 1896 dans le quartier d’Ingleside a raconté à la presse avoir trouvé son salon couvert de rayures et un tableau blanc laissé sur sa table à manger avec ce message lapidaire : « Désolé 🙁 J’ai fait de mon mieux ! »

Selon Sacra, le robot développé par The Bot Company ressemble à « une table basse sur roues », équipée d’un bras articulé et de pinces doubles pour saisir et ranger des objets ménagers de manière autonome. La cible commerciale annoncée par la startup inclut les familles, les opérateurs de locations courte durée, les services à la personne âgée et les petites équipes de bureau.

Tester un robot domestique, le problème industriel sans solution

Au-delà du fait divers judiciaire, l’affaire illustre un problème structurel de l’industrie des robots domestiques. Les humanoïdes industriels comme Figure 03 ou Atlas s’entraînent dans des entrepôts contrôlés. Les robots de rue comme ceux de Waymo bénéficient d’autorisations municipales. Mais un robot conçu pour ranger une cuisine, vider un lave-vaisselle ou plier du linge a besoin d’environnements domestiques réels, variés, désordonnés. Les laboratoires reproduisent mal cette variabilité.

Plusieurs startups du secteur, dont 1X, Figure, et désormais The Bot Company, ont multiplié ces derniers mois les tests dans des foyers de salariés ou de familles partenaires. La mauvaise idée de The Bot Company aurait été de contourner ce consentement explicite en passant par des plateformes de location courte durée. Selon la plainte, l’entreprise aurait mené « des activités commerciales de R&D non autorisées, notamment des tests de prototypes robotiques et des tournages à des fins commerciales ».

Sean Donovan résume l’ironie de la situation : « Cette entreprise essaie de construire des robots pour faciliter les rotations Airbnb. Pendant ce temps, elle endommage les maisons des hôtes Airbnb. » The Bot Company n’a pas répondu aux sollicitations de la presse américaine. Reste à voir si cette poursuite ouvrira la voie à une jurisprudence sur le consentement éclairé dans les tests de robotique grand public.

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