Travis Kalanick lève 1,7 milliard pour ATOMS : quand l’ex-patron d’Uber parie sur les robots industriels contre l’hype des humanoïdes

ATOMS robots industriels autonomes dans une carriere miniere

Neuf ans après son éviction forcée d’Uber, Travis Kalanick revient en force. Sa holding industrielle ATOMS vient de boucler une levée de fonds de 1,7 milliard de dollars menée par Andreessen Horowitz. L’objectif : construire des robots à tâche unique pour les mines, la restauration et la logistique, avant que les humanoïdes généralistes n’accaparent toute l’attention et les capitaux.

Un tour de table qui change tout

La ronde, annoncée le 22 juillet, rassemble un groupe inhabituellement établi pour une startup controversée. Andreessen Horowitz a mené l’investissement. Ben Horowitz rejoint le conseil d’administration. Uber a lui-même participé, un symbole fort étant donné que la plateforme avait contraint Kalanick à la porte en 2017. Bain Capital, Fifth Wall, Chemistry et plusieurs autres fonds ont complété le tour en capital. Bank of America, Goldman Sachs, Wells Fargo, JPMorgan et Barclays auraient participé en dette, selon les informations rapportées par Investing.com.

Ce n’est pas une levée ordinaire. C’est l’une des plus importantes de l’année dans la robotique mondiale. Pour mémoire, les startups de Physical AI et de robotique avaient déjà levé 55,8 milliards de dollars en 2026 à la mi-juin, soit presque le double du record annuel précédent.

Trois lignes d’attaque : nourriture, mines, transport

ATOMS est la marque d’un pari industriel précis. La holding regroupe désormais trois branches. Atoms Food réunit CloudKitchens, le réseau de cuisines fantômes que Kalanick avait lancé après Uber, ainsi que Otter, un logiciel de gestion pour restaurants, et Lab37, une filiale de robotique alimentaire. Atoms Mining s’appuie sur Pronto, une startup d’haulage autonome fondée par Anthony Levandowski et Ognen Stojanovski, que Kalanick a rachetée cette année. Atoms Transport reste encore la branche la moins définie, décrite comme une plateforme de mobilité pour robots.

Concrètement, le système d’haulage autonome de Pronto tourne dans une carrière de calcaire de Heidelberg Materials à Lake Bridgeport, au Texas. En moins de huit mois, il a transporté plus de deux millions de tonnes en environnement mixte, c’est-à-dire avec des camions habituellement conduits par des humains. Un accord mondial prévoit le déploiement sur plus de 100 camions dans au moins une douzaine de sites Heidelberg.

Le pari anti-humanoïdes d’a16z

Kalanick est direct sur sa thèse. Les humanoïdes ont leur utilité, dit-il, mais un camion de carrière autonome sur une route balisée est une cible bien plus propre qu’un robot qui doit plier du linge, gérer une nouvelle poignée de porte et faire face à chaque situation imprévue dans un foyer humain. Il préfère les machines avec un vrai travail aux machines avec de beaux démos vidéos.

La philosophie d’Andreessen Horowitz va dans le même sens. Le fonds a misé des milliards sur des plateformes d’IA générale, mais ce tour chez ATOMS signale un intérêt grandissant pour les robots à retour sur investissement mesurable. Une mine avec 100 camions autonomes génère des économies calculables dès le premier trimestre de déploiement.

Dans sa note publiée sur le site d’a16z, Kalanick a résumé sa vision en une formule : compléter l’histoire des bits vers les atomes, commencée chez Uber, poursuivie chez CloudKitchens, et maintenant incarnée dans ATOMS. La startup part du principe que la fabrication fonctionne comme un processeur, l’immobilier comme de la mémoire, et le transport comme un réseau.

Un marché en pleine ébullition

ATOMS arrive dans un secteur en surchauffe. Figure AI est valorisée à 39 milliards de dollars. Tesla reconvertit une partie de son usine de Fremont pour produire ses robots Optimus. En Chine, Unitree vient de lancer son introduction en bourse sur le STAR Market de Shanghai. Le secteur attire autant les géants industriels que les fonds spécialisés, précisément parce que les premiers déploiements à grande échelle commencent à générer des données économiques réelles.

Ce que Kalanick veut montrer, c’est qu’il existe une troisième voie entre l’humanoïde universel et le bras robotique de chaîne de montage traditionnel. Des machines capables de faire un seul travail difficile, en extérieur, en continu, sans supervision constante. Après les routes et les cuisines, les mines. La révolution physique de Kalanick avance une carrière à la fois.

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