Unitree Robotics a publié le 23 avril une vidéo qui circule depuis dans toute la communauté robotique : son humanoïde G1 patine sur rollers, glisse sur glace, exécute des tours sur 360 degrés et même un salto avant. La démonstration met en lumière la nouvelle architecture roues-jambes dévoilée fin 2025 avec le G1-D.
Un robot qui glisse, tourne et saute sans tomber
La séquence dure quelques minutes mais empile les figures techniques. Le G1 enchaîne dérapages contrôlés, tours sur lui-même, équilibre sur une seule jambe et même un front flip complet, sans jamais perdre la stabilité. Unitree insiste sur un point : la vidéo n’est ni accélérée, ni générée par ordinateur. Le constructeur chinois publie le tout sous le titre laconique « Heard some people like wheels ? », réponse directe à la communauté qui débat depuis des mois entre humanoïdes bipèdes et plateformes à roues.
Techniquement, la prouesse repose sur le pilotage coordonné des roues et des articulations. Le G1-D, version mobile du G1, dispose d’une base à roues différentielle capable d’atteindre 1,5 m/s et de 17 à 19 degrés de liberté selon la configuration. Sur le modèle Flagship, un module Nvidia Jetson Orin NX délivre 100 TOPS de calcul embarqué et fournit jusqu’à six heures d’autonomie. C’est ce dispositif qui permet au robot de gérer en temps réel la transition entre roulement et appui podal sur des surfaces aussi changeantes qu’un parquet, du bitume ou une patinoire.
La fin du débat bipède contre roues
L’industrie hésitait depuis longtemps entre deux philosophies : les humanoïdes purement bipèdes à la Boston Dynamics ou Figure, et les plateformes à roues type Segway. La démo Unitree tranche la question : pourquoi choisir ? La société pousse une approche hybride où les jambes peuvent supporter ou non des roues, selon la tâche. Les jambes restent indispensables pour les escaliers, les obstacles et la manipulation. Les roues offrent vitesse et autonomie sur sol plat, qui est la réalité de 90 % des entrepôts, des bureaux et des espaces publics.
Cette position rejoint celle de Siemens, qui a récemment retenu un humanoïde sur roues, le HMND 01 Alpha, plutôt qu’un bipède pour son usine d’Erlangen. Pour le constructeur allemand, un robot qui ne tombe jamais et avance vite sur sol plat vaut mieux qu’un robot capable de monter des escaliers une fois sur dix. Unitree pousse cette logique jusqu’à l’esthétique : son G1 ne ressemble plus à un Atlas qui marche, mais à un patineur de hockey qui glisse.
Un coup de communication qui prépare l’IPO
Le timing n’est pas neutre. Unitree a déposé fin avril son dossier d’introduction en bourse au STAR Market de Shanghai, avec à la clé une valorisation déjà estimée en milliards. Selon les données TrendForce, la société hangzhou et son rival AgiBot devraient concentrer 80 % de la production chinoise d’humanoïdes en 2026, soit environ 75 000 unités. Une vidéo virale de patinage tombée à pic, qui rappelle aux investisseurs que le matériel chinois n’est plus seulement bon marché, mais aussi techniquement à la pointe.
Reste à voir ce que cette agilité spectaculaire donnera dans des cas d’usage réels. Les démos de patinoire ne paient pas les factures, et la transition de la vitrine au déploiement industriel reste l’épreuve la plus difficile pour tous les constructeurs d’humanoïdes. Unitree, en attendant, a marqué un point sur le terrain qui compte le plus aujourd’hui : les écrans des décideurs et des fonds d’investissement.
Sources : Interesting Engineering, TechRadar, Pandaily


