Figure AI vient de signer son premier contrat commercial dans la grande distribution américaine. Le partenaire s’appelle Catalyst Brands, la holding qui possède JCPenney, Aéropostale, Brooks Brothers, Lucky Brand et Nautica. Les premiers humanoïdes Figure 03 arriveront dans le centre de distribution de Reno, au Nevada, pour trier et emballer des colis.
L’annonce, faite le 26 mai 2026, marque un tournant pour la start-up de Brett Adcock. Jusqu’ici, Figure cumulait surtout des contrats industriels (BMW, UPS) et des démos virales. Cette fois, c’est la logistique retail US qui ouvre ses portes, avec un acteur qui opère 1 800 magasins et plateformes e-commerce aux États-Unis et au Canada.

Le pari de Reno : automatiser le tri sur le système Joey Pouch
Le déploiement initial se concentre sur le centre logistique de Reno, qui a déjà absorbé 40 millions de dollars d’investissement infrastructure en 2024. Les humanoïdes vont travailler en appui du Joey Pouch, un système informatisé d’induction, de tri et d’emballage que Catalyst Brands utilise pour son flux multimarque.
Concrètement, les robots prendront en charge les tâches répétitives et physiquement éprouvantes : sortir les articles, les orienter, les ensacher. Le but assumé : libérer les opérateurs humains pour des fonctions à plus forte valeur ajoutée, et amortir les pics saisonniers sans recruter des intérimaires en masse.
Marc Rosen, le CEO de Catalyst Brands, parle d’un « investissement stratégique dans la technologie d’automatisation ». Brett Adcock, lui, vend autre chose à ses prospects : « une solution de main-d’oeuvre standardisée qui peut être déployée instantanément à travers des industries diverses ». Le mot clé est « standardisée ». Pour Figure, vendre la même plateforme à une chaîne automobile, un opérateur logistique et un retailer, c’est ce qui justifie la valorisation et la cadence industrielle.
La connexion Brookfield, accélérateur de pipeline
L’accord est aussi le premier signé entre Figure et une entreprise du portefeuille de Brookfield, le géant canadien de la gestion d’actifs (1 000 milliards de dollars sous gestion). Brookfield détient des positions importantes à la fois dans Figure et dans Catalyst Brands. C’est exactement le scénario que les investisseurs tech anticipaient : utiliser le réseau capitalistique pour générer des deals d’usage à grande échelle.
Le calendrier n’est pas anodin. Dix jours plus tôt, Figure terminait un livestream marathon de 200 heures à Sunnyvale, pendant lequel ses Figure 03 ont trié 249 560 colis sans une seule panne hardware. Le test grandeur nature a manifestement rassuré Catalyst Brands sur la fiabilité.

Vers un déploiement multi-marques
Le contrat prévoit explicitement une « scalabilité rapide » pour suivre la croissance de Catalyst Brands. Les équipes des deux entreprises vont d’abord identifier les cas d’usage les plus rentables avant d’élargir le déploiement à d’autres sites du portefeuille. Reno sert donc de pilote technique et commercial.
Pour Figure AI, ce contrat tombe au moment où la production industrielle accélère. La start-up a annoncé que son usine BotQ produit désormais un Figure 03 toutes les heures, contre un par jour il y a quatre mois, et a déjà livré plus de 350 unités. La capacité de production rejoint donc enfin la cadence des contrats commerciaux signés.
Pour Catalyst Brands, l’opération est aussi une bouée d’image. JCPenney a passé une décennie compliquée avant la fusion avec SPARC Group en 2025. S’afficher comme pionnier de l’automatisation humanoïde aux côtés de Figure permet de raconter une nouvelle histoire à Wall Street et aux 1 800 magasins du groupe.
Si le pilote de Reno tient ses promesses, le secteur du retail US pourrait basculer vite. Walmart, Target et Amazon scrutent les chiffres depuis des mois. Le tri de colis est le cas d’usage le plus simple à automatiser, et celui où la pénurie de main-d’oeuvre se ressent le plus aux États-Unis.
