Une vidéo devenue virale ce week-end relance le débat sur la sécurité des humanoïdes dans les lieux publics. On y voit un robot Unitree G1, coiffé d’une perruque de clown bleue, décocher un coup de pied circulaire qui atteint un enfant en plein ventre lors d’une démonstration en Chine.

Un coup de pied de trop lors d’un spectacle d’arts martiaux
La scène se déroule dans un parc d’attractions de la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Le robot, identifié par plusieurs médias chinois comme un Unitree G1, exécutait une chorégraphie d’arts martiaux quand l’un de ses mouvements a frappé un jeune spectateur placé trop près. L’enfant s’est plié de douleur. Selon les comptes rendus locaux relayés par la presse, il n’a pas été gravement blessé.
L’incident n’a rien d’isolé. Plus tôt cette année, un autre G1 avait perdu l’équilibre pendant une performance publique en Chine. En tombant, les mouvements incontrôlés de ses membres avaient blessé un homme au nez. À chaque fois, le même schéma revient : un robot capable de gestes rapides et puissants, des opérateurs censés garder la main, et un public installé à quelques mètres seulement.
La question de la sécurité rattrape les humanoïdes
Les humanoïdes actuels enchaînent désormais des mouvements complexes : démonstrations d’arts martiaux, sauts, manipulations fines. Cette agilité, mise en avant dans les salons et les spectacles, devient un risque dès que la machine évolue dans une foule. Un robot d’une trentaine de kilos qui lance une jambe à pleine vitesse n’a pas besoin d’intention hostile pour faire mal.
Le coeur du problème tient à la distance entre la machine et les spectateurs, et au mode de pilotage. Beaucoup de ces démonstrations reposent sur de la téléopération à distance ou sur des séquences pré-programmées, sans barrière physique suffisante. Quand le geste part, rien n’arrête la trajectoire.
Qui est responsable quand un robot blesse ?
Au-delà de l’image, l’affaire pose une question juridique encore mal tranchée. Quand un robot cause une blessure, la responsabilité doit-elle peser sur le concepteur du logiciel, le fabricant du matériel, l’opérateur qui supervise la démonstration ou l’organisateur de l’événement ? Aux États-Unis, elle retombe en général sur le fabricant ou l’exploitant selon les circonstances. En Europe, les régulateurs travaillent à des règles spécifiques à l’IA pour clarifier ces chaînes de responsabilité.
Les comparaisons ne manquent pas. Les enquêtes sur l’Autopilot de Tesla ou sur les Boeing 737 MAX ont déjà montré comment un défaut dans un système automatisé peut avoir des conséquences lourdes. Pour répondre aux inquiétudes, les fabricants de robots misent de plus en plus sur la transparence, des déploiements adossés à des assurances et des normes de sécurité plus strictes.
Reste que la multiplication des humanoïdes dans les espaces publics, des salons aux parcs de loisirs, prend de vitesse l’encadrement. Tant que les démonstrations privilégieront le spectacle à la mise à distance du public, ce type d’incident risque de se répéter.

