Industrie

Le patron de Rivian fonde Mind Robotics et veut mettre des humanoïdes sur ses chaînes, sans suivre la méthode Musk

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

RJ Scaringe, le patron de Rivian, prépare un virage que peu attendaient. Le constructeur américain de voitures électriques s’apprête à faire travailler des robots humanoïdes à côté de ses ouvriers, via une société séparée que son dirigeant a fondée fin 2025.

Une entreprise à part, baptisée Mind Robotics

Scaringe l’a confirmé lors d’un événement presse organisé pour le lancement du SUV électrique R2. Sa nouvelle structure s’appelle Mind Robotics. Elle a déjà levé plus d’un milliard de dollars selon son fondateur, qui en est le président exécutif et le directeur général par intérim.

Le choix de garder Mind à l’écart de Rivian est assumé. Là où Elon Musk transforme une partie de Tesla pour produire l’humanoïde Optimus, Scaringe veut deux entités distinctes. Son explication tient en une phrase : cette séparation lui permet de consacrer du temps aux deux projets sans les mélanger.

Rivian, premier client et actionnaire minoritaire

Les liens entre les deux sociétés restent étroits. Rivian détient une part minoritaire de Mind et en sera le premier client. En échange, Mind utilise les données industrielles de Rivian pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Scaringe estime que son constructeur sera un grand bénéficiaire de cette robotique.

Le premier produit doit être dévoilé dans moins d’un an. Mind recrute déjà, avec une vingtaine de postes ouverts allant des ingénieurs logiciels et matériels aux architectes de données.

Des robots pour les tâches les plus simples

Scaringe ne croit pas au remplacement total des ouvriers, du moins pas tout de suite. Selon lui, les robots prendront d’abord en charge les tâches les plus basiques. Les opérations complexes, qui demandent du raisonnement ou une dextérité fine, resteront humaines pour un long moment. Il rappelle qu’une usine d’assemblage automobile met des années à devenir une « usine sombre » presque entièrement automatisée.

L’argument économique pèse lourd. Le dirigeant décrit un manque de main-d’œuvre criant dans l’industrie automobile. Rivian compte d’ailleurs plus de trente postes ouverts dans la fabrication et l’ingénierie. Pour Scaringe, le marché du travail industriel adressable se chiffre en milliers de milliards de dollars.

Reste une conviction qu’il martèle : le rythme de progression de ces technologies dépasse de loin ce que le grand public imagine. Un ordre de grandeur plus rapide, dit-il. De quoi voir débarquer un collègue robot prénommé « Phil » sur les chaînes bien plus tôt que prévu.