La ville côtière de Fangchenggang, dans la région chinoise du Guangxi, vient de confier une partie de ses opérations frontalières à des robots humanoïdes. Les autorités locales ont acheté des unités Walker S2 au constructeur UBTech Robotics dans le cadre d’un contrat estimé à 40 millions de dollars, soit environ 37 millions d’euros. Les premières livraisons sont déjà en cours dans les points de transit du poste-frontière qui relie la Chine au Vietnam.

Un poste-frontière saturé confié à des machines
Le passage de Fangchenggang absorbe chaque jour un flux dense de camions de marchandises, de bus et de travailleurs transfrontaliers. Ce volume crée des embouteillages récurrents lors des inspections douanières, côté passagers comme côté fret. Pour absorber ces retards, les gestionnaires du poste misent désormais sur des humanoïdes capables de travailler en continu.
Le Walker S2 mesure environ 1,68 mètre et pèse près de 68 kilos. Il s’appuie sur un réseau de capteurs visuels, un radar et des caméras de profondeur pour se déplacer dans des espaces encombrés sans heurter les voyageurs. Contrairement aux anciens robots de sécurité montés sur roues, ce modèle marche sur deux jambes mécaniques. Cette conception bipède lui permet de franchir un pavé irrégulier, de passer des seuils de porte et de gravir quelques marches.
Gestion des files et inspection du fret
Dans le terminal passagers, les unités régulent le flux des voyageurs internationaux. Elles détectent les attroupements et orientent physiquement les personnes vers des files organisées. L’intelligence artificielle embarquée diffuse des instructions de transit en temps réel dans plusieurs langues, répond aux questions courantes sur les formulaires douaniers et indique les bons guichets de traitement.
Dans les zones de fret, des unités spécialisées circulent entre les allées pour inspecter les conteneurs. Elles lisent codes-barres, numéros de série et manifestes numériques grâce à des scanners optiques, puis croisent instantanément ces données avec les bases douanières avant de les relayer aux agents humains. L’objectif affiché est de libérer les douaniers des tâches répétitives de contrôle des foules pour les recentrer sur les menaces de sécurité.
Un test grandeur nature pour la robotique commerciale
Ce déploiement constitue une évaluation critique pour toute l’industrie. La zone frontalière côtière cumule humidité extrême, poussière et mouvement permanent, autant de conditions rudes pour une machine humanoïde. Si les Walker S2 tiennent dans cet environnement, le projet servira de modèle commercial reproductible.
Pékin voit dans ce programme pilote un banc d’essai pour des infrastructures nationales. Les autorités souhaitent installer des systèmes similaires dans les grands aéroports, les gares internationales et les ports maritimes. Reste une question de fond que le pilote devra trancher : la responsabilité juridique en cas d’erreur d’une machine face à un voyageur, un sujet encore largement ouvert.
