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Le Japon vise 10 millions de robots supplémentaires d’ici 2040, dont des machines de soins médicaux

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Le Japon vient d’actualiser sa stratégie robotique nationale avec un objectif chiffré : adopter 10 millions de robots supplémentaires d’ici 2040. Une partie d’entre eux sera dédiée aux soins médicaux et à l’aide aux personnes âgées. Le ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, Ryosei Akazawa, a présenté cette feuille de route révisée, qui prévoit aussi des machines dans les secteurs de l’alimentation et des boissons.

Robots humanoides de soins medicaux dans un hopital japonais, strategie robotique nationale a horizon 2040
Illustration RoboActu

Un consortium industriel baptisé Noetra

Pour tenir cet objectif, Tokyo annonce des investissements dans des modèles pour robots pilotés par l’IA et d’autres formes d’intelligence artificielle physique. Comme souvent au Japon, l’effort réunit plusieurs géants industriels au sein d’une nouvelle structure, Noetra. Cette organisation sera détenue majoritairement par SoftBank, NEC, Sony Group et Honda. Fujitsu et Rakuten étudient de leur côté une participation.

Le principe : mutualiser les expertises de ces acteurs pour bâtir des modèles de fondation adaptés aux robots physiques, puis les déployer à grande échelle dans l’économie japonaise. L’ambition dépasse le marché intérieur, avec l’objectif de faire du pays un exportateur de produits robotiques de premier plan.

Une expertise héritée de Fukushima et du vieillissement

Le ministre a rappelé que le Japon dispose déjà d’un savoir-faire robotique solide, accumulé dans la santé des seniors, la réponse aux catastrophes, la fabrication industrielle et même le démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Il compte s’appuyer sur cette expérience pour transformer l’archipel en puissance robotique.

La motivation démographique est directe. Le vieillissement de la population combiné à une politique migratoire restrictive rend le recrutement de travailleurs difficile. Les robots viennent donc combler des postes que les humains ne peuvent ou ne veulent plus occuper, plutôt que de remplacer des emplois existants. Un argument qui limite les frictions sociales autour de l’automatisation.

Course régionale avec la Corée du Sud

Le calendrier n’est pas anodin. La Corée du Sud a dévoilé lundi un plan comparable pour devenir une puissance robotique, avec un engagement massif dans les puces et les humanoïdes. Les deux pays voisins entrent donc en concurrence frontale sur la robotique physique, chacun cherchant à sécuriser sa chaîne d’approvisionnement et à répondre à un vieillissement démographique parmi les plus rapides au monde.

Concrètement, cette stratégie place l’IA physique au coeur de la politique industrielle japonaise pour la prochaine décennie. Reste à convertir l’objectif de 10 millions d’unités en déploiements réels dans les hôpitaux, les maisons de retraite et les usines agroalimentaires, où la fiabilité au quotidien fera la différence.