Le gouvernement français vient de lancer un nouvel appel à projets intitulé « Défi Flagships », dans le cadre du plan France 2030. Piloté par Bpifrance, ce dispositif cible la robotique, les drones et les machines intelligentes. Objectif : doter la France de composants technologiques clés capables de rivaliser avec les meilleurs standards mondiaux, sans dépendre de fournisseurs étrangers.

Des briques technologiques souveraines pour la robotique
Le Défi Flagships s’attaque à un problème bien identifié dans l’industrie robotique française : la dépendance aux composants étrangers. Capteurs, systèmes de pilotage, intelligence embarquée, matériaux avancés, actionneurs. Ces briques technologiques sont souvent importées d’Asie ou des États-Unis, ce qui fragilise la compétitivité et la souveraineté industrielle des entreprises françaises.
L’appel à projets invite les entreprises à proposer des solutions permettant de combler ces lacunes. Les candidatures sélectionnées bénéficieront d’un soutien financier de Bpifrance, le bras investisseur de l’État, dans le cadre des 54 milliards d’euros engagés sur France 2030.
Un plan qui vise la souveraineté européenne
Le positionnement du Défi Flagships va au-delà du marché intérieur. La France veut que ses futurs robots et drones puissent « rivaliser avec les meilleurs standards mondiaux » et contribuer à la souveraineté technologique européenne. C’est une réponse directe à la montée en puissance de la Chine dans la robotique, notamment via des acteurs comme Unitree, DJI ou UBTECH, qui inondent les marchés mondiaux avec des produits à bas coût.
L’initiative intervient à un moment où la filière française prend conscience de son retard. Des startups comme UMA (ex-ingénieur Tesla Optimus), Comau France ou des laboratoires comme l’INRIA développent des technologies robotiques, mais sans toujours disposer des composants souverains nécessaires pour monter en gamme industrielle.
La France cherche à rattraper son retard
La France accuse un déficit notable par rapport à l’Allemagne ou aux Pays-Bas dans l’écosystème robotique européen. Berlin dispose de Kuka (racheté par Midea) et d’un réseau de labos Fraunhofer ; Amsterdam vient d’ouvrir le premier centre européen dédié aux robots humanoïdes. De son côté, la France mise sur la recherche publique et le financement d’amorçage, mais manquait d’un dispositif ciblé sur les composants technologiques fondamentaux.
Le Défi Flagships est aussi une réponse aux appels d’offres croissants dans la défense. La robotique militaire explose en Europe depuis le conflit ukrainien : drones de surveillance, véhicules terrestres autonomes, robots de déminage. Des marchés où la dépendance à des technologies étrangères pose des problèmes évidents de sécurité nationale.
Le lancement de cet appel à projets marque une étape dans l’ambition française de se doter d’une filière robotique et drone compétitive, du composant au système complet. Les candidatures sont ouvertes depuis le 10 juillet 2026.