Chine et Asie

Xiaoyubot : la startup chinoise qui déploie le premier robot soudeur à IA incarnée dans 10 usines navales

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

En Chine, la pénurie de soudeurs qualifiés atteint 10 millions de postes non pourvus. Xiaoyubot, une startup pékinoise fondée en 2023, vient d’apporter sa réponse : un robot soudeur à intelligence artificielle incarnée, déjà actif dans plus de 10 usines fabriquant navires, structures métalliques et ponts.

Robot soudeur IA Xiaoyubot dans un chantier naval en Chine
Illustration RoboActu

Un cerveau unique pour plusieurs formes de robots

La technologie clé de Xiaoyubot s’appelle le « Xiaoyu Brain », ou cerveau Xiao Yu. Son principe : un seul cerveau multimodal contrôle différents types de robots, qu’il s’agisse d’un bras simple, d’un double bras sur roues ou d’un humanoïde. La société parle d’approche « un cerveau, plusieurs formes ».

Concrètement, un nouvel opérateur trace un chemin sur les structures métalliques avec un stylet de positionnement, sélectionne une procédure de soudage, et le bras robotique se positionne et commence les opérations de manière autonome. La prise en main complète du système prend trois minutes. C’est le cœur de l’argument commercial : pas besoin d’ingénieur en robotique, pas de formation longue.

Des conditions de travail difficiles automatisées

Qiao Zhongliang, fondateur et PDG de Xiaoyubot, est un ancien cadre de Xiaomi. Il applique la méthode du géant de l’électronique grand public au marché industriel B2B : composants premium, mise à l’échelle par volume.

La soudure industrielle cumule des contraintes particulièrement dures pour les humains. Chaleur intense, lumière aveuglante des arcs électriques, fumées toxiques : les conditions dans les chantiers navals et les ateliers de charpente métallique dégradent la santé des travailleurs sur le long terme et compliquent le recrutement. Xiaoyubot positionne directement son robot comme solution à ce problème.

« La valeur ultime de l’intelligence incarnée est de servir l’économie réelle », dit Qiao Zhongliang. Cette phrase résume l’approche de la société : pas de démonstration de laboratoire, mais des déploiements effectifs dans des environnements industriels contraignants.

Une levée de fonds pour passer à 1 000 unités

La startup a bouclé un tour de série B+ de plusieurs centaines de millions de yuans. L’objectif affiché : déployer 1 000 robots soudeurs dans le secteur de la construction. Ce montant reste significatif pour une entreprise de trois ans, même si Xiaoyubot ne communique pas de valorisation précise.

La startup a présenté son système lors de la Conférence mondiale sur l’économie numérique de Pékin début juillet 2026. Le robot était l’une des démos les plus commentées de l’événement, aux côtés d’autres technologies d’IA appliquée.

Un marché en pleine structuration

Xiaoyubot n’est pas seul sur ce créneau. Des acteurs comme Yaskawa, Fanuc ou Kuka proposent depuis longtemps des robots de soudage industriel programmés. La différence revendiquée par la startup chinoise tient à l’IA incarnée : le robot comprend son environnement par vision et ajuste ses gestes en temps réel, sans programmation préalable de chaque trajet de soudure.

Cette flexibilité est cruciale dans des contextes comme la construction navale, où les pièces ne sont jamais strictement identiques et où l’accès aux zones à souder varie constamment. Un robot programmé de manière classique nécessite des heures de reconfiguration à chaque changement de pièce. Le système de Xiaoyubot vise à supprimer ce goulot d’étranglement.

Résultat : la société cible directement les 10 millions de postes de soudeurs non pourvus en Chine, un chiffre que les industriels répètent depuis plusieurs années sans solution satisfaisante à l’horizon.