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Les datacenters IA, nouveau terrain de déploiement des robots : un marché de 113 milliards estimé d’ici 2035

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture
Robot inspectant des serveurs dans un datacenter IA la nuit, eclairage bleu LED
Illustration RoboActu

Les gigafactories d’IA ont besoin de quelqu’un pour les entretenir. De plus en plus, ce « quelqu’un » sera un robot. Selon une étude du cabinet DC Market Insights, le marché de la robotique dans les datacenters pourrait atteindre 113,4 milliards de dollars d’ici 2035, porté par l’explosion des besoins de l’IA générative.

Des datacenters trop grands pour être gérés uniquement par des humains

L’image du datacenter comme salle sombre et quasi-déserte n’a jamais vraiment correspondu à la réalité. Des techniciens parcourent les allées pour inspecter l’équipement, remplacer les serveurs défaillants, gérer les câbles, vérifier les systèmes de refroidissement et intervenir quand une alerte bascule en urgence à 3 heures du matin.

Avec l’IA, cette charge opérationnelle a explosé. L’entraînement et l’inférence de grands modèles de langage nécessitent des clusters de GPU denses, des systèmes de refroidissement bien plus élaborés et une surveillance continue que les équipes humaines peinent à assurer à l’échelle.

Ce que les robots font concrètement

Les tâches les plus adaptées aux robots dans les datacenters sont celles qui combinent répétitivité, cadence et risque faible pour les humains. Inspection des baies serveurs par caméra thermique, remplacement de disques défaillants, gestion des câbles d’alimentation, surveillance des circuits de refroidissement.

Ces missions ne demandent pas de résoudre des problèmes complexes : elles demandent de la fiabilité à grande échelle. C’est exactement là où les robots sont les plus compétitifs face à la main-d’oeuvre humaine.

DC Market Insights estime que le segment logistique interne (déplacement de matériel, gestion des stocks physiques) représentera la plus grande part de ce marché. Vient ensuite l’inspection automatisée, portée par des drones ou des robots mobiles capables de parcourir des milliers de mètres de couloirs en quelques heures.

Le facteur accélérateur : la demande IA

L’augmentation de la demande en calcul IA ne ralentit pas. Les principaux hyperscalers planifient des dépenses de plusieurs dizaines de milliards de dollars par an dans leurs infrastructures. Chaque nouveau datacenter construit représente une charge de maintenance supplémentaire.

Résultat : les opérateurs cherchent activement à automatiser les tâches routinières pour libérer leurs équipes techniques sur des interventions à plus forte valeur ajoutée. Les prestataires de robotique industrielle l’ont compris. Des acteurs comme Boston Dynamics avec Spot, ou des startups spécialisées en inspection autonome, positionnent déjà leurs produits sur ce créneau.

Les défis restent importants

113 milliards en 2035, c’est un chiffre qui demande un peu de recul. Les prévisions de marché sur dix ans dans la tech ont une longue tradition d’optimisme excessif. La réalité des datacenters ajoute ses propres contraintes : densité des équipements, risque d’électrocution, exigences de sécurité physique, et surtout nécessité d’une fiabilité extrême.

Un robot d’inspection qui trébuche dans une salle de serveurs peut causer des dommages considérables. Les opérateurs les plus avancés testent encore des pilotes limités. La montée en charge vers des déploiements massifs prendra du temps, même si la pression économique pousse clairement dans ce sens.

Un point semble en revanche acquis : les datacenters construits aujourd’hui sont conçus en tenant compte de leur future robotisation. La prochaine génération de centres de calcul sera pensée dès le départ pour accueillir des robots. C’est là que le marché prend forme.

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