Wang Hao, vice-président de Tesla et président de Tesla China, a déclaré mardi 15 avril que les opérations de l’usine de Shanghai constitueraient « une clé en or » pour résoudre le défi de la production de masse des robots humanoïdes Optimus. Une prise de parole qui confirme le virage robotique du constructeur automobile américain.
De la voiture électrique au robot humanoïde
Lors d’une visite organisée par le gouvernement chinois dans l’une des usines Tesla de Shanghai, Wang Hao a rappelé qu’Elon Musk considère la montée en cadence de production comme le principal obstacle à la commercialisation des humanoïdes. Selon le dirigeant, l’expertise industrielle accumulée à Shanghai depuis 2019 place ce site en position idéale pour relever ce défi.
L’usine de Shanghai a livré 851 000 véhicules électriques en 2025, soit plus de la moitié des livraisons mondiales de Tesla. Cette capacité logistique et manufacturière pourrait être réorientée, au moins partiellement, vers l’assemblage de robots.
Fremont reconverti, Shanghai en renfort
Ce n’est pas un signal isolé. Elon Musk a récemment annoncé l’arrêt de la production des Model S et Model X dans l’usine californienne de Fremont au deuxième trimestre 2026. Les lignes seront converties pour fabriquer les robots Optimus. Avec Shanghai en appui, Tesla semble vouloir déployer une capacité de production sur deux continents.
Le cabinet londonien Omdia estime que Tesla a expédié moins de 500 robots Optimus en 2025. Un chiffre modeste, mais l’entreprise est classée parmi les constructeurs ayant réalisé les avancées les plus marquantes en matière d’IA embarquée.
Un pivot stratégique assumé
Musk ne s’en cache plus : il demande aux investisseurs de regarder au-delà des ventes automobiles. Robotaxis sans volant, robots domestiques capables d’arroser les plantes ou d’accompagner les personnes âgées… le fondateur de Tesla dessine un futur où l’IA physique génère davantage de revenus que les véhicules.
Wang Hao n’a pas précisé quel rôle exact jouerait Shanghai dans la chaîne de production robotique. Mais le message est clair : l’infrastructure chinoise de Tesla, rodée sur des millions de voitures, pourrait devenir le socle industriel de sa branche robotique.
Reste à savoir si cette stratégie se concrétisera rapidement. La concurrence chinoise avance vite : AgiBot a dépassé les 10 000 unités, Unitree vient d’entrer en Bourse et Chery vend déjà son humanoïde à 41 000 dollars sur JD.com. Pour Tesla, Shanghai n’est pas seulement un atout logistique. C’est peut-être une question de survie dans la course aux humanoïdes.