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BayCare teste ROVeX au Morton Plant Hospital, un robot autonome qui pousse les lits et brancards pour soulager les soignants de Floride

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Le réseau hospitalier BayCare a lancé un programme pilote de transport autonome de lits et de matériel médical au Morton Plant Hospital de Clearwater, en Floride. Le système, baptisé ROVeX, déplace seul brancards vides et équipements dans les couloirs de l’établissement, dans l’objectif de soulager le personnel soignant des manipulations physiques répétitives à l’origine de nombreuses blessures professionnelles.

Un robot pensé par un soignant pour les soignants

ROVeX a été conçu par David Crabb, son fondateur et CEO, lui-même issu du monde hospitalier. Il a vu trop de collègues blessés à force de pousser, tirer et soulever des charges lourdes en service d’urgence et dans les étages. « Les hôpitaux exigent énormément de mouvement et de travail manuel de la part de nos équipes », explique-t-il. « J’ai vu des soignants se blesser au travail à cause de cette charge physique. J’ai voulu créer quelque chose qui prenne en charge une partie de ce travail, pour que les cliniciens reviennent au chevet du patient. »

Dans sa version actuelle, ROVeX transporte uniquement des brancards vides et du matériel. Le pilote vise à valider la sûreté du robot en environnement réel avant d’élargir son périmètre. Les responsables de BayCare insistent sur un point : il ne s’agit pas de remplacer du personnel. « Il s’agit d’augmenter ou de compléter nos équipes, pas de remplacer leurs missions », précise le Dr. Christopher Bucciarelli, l’un des médecins en charge du programme.

Un jumeau numérique millimétré du Morton Plant Hospital

Avant que le robot ne mette une roue dans l’établissement, BayCare a reconstitué un jumeau numérique de l’hôpital. Cette réplique virtuelle a permis à ROVeX d’apprendre la géographie du bâtiment au millimètre près : largeur des couloirs, position des portes, emplacement des ascenseurs, contraintes d’angle dans les chambres. « Ça aide à entraîner le robot. En robotique, il faut le laisser apprendre », résume Craig Anderson, qui supervise la partie technique.

Le robot navigue ensuite seul dans les couloirs réels, sous supervision permanente. Le pilote sert à comparer ce que la simulation a anticipé et ce qui se passe en conditions hospitalières, avec son flux constant de patients, de chariots, de visiteurs et d’équipements imprévus. Cette approche « digital twin first », popularisée par Nvidia et reprise par BMW pour ses humanoïdes Aeon en Allemagne, devient la norme pour déployer des robots dans des environnements humains denses.

Le marché hospitalier américain s’ouvre aux robots de logistique interne

Le déploiement de Morton Plant Hospital s’inscrit dans une vague plus large. Des AMR de transport de médicaments, comme ceux de Diligent Robotics ou Aethon, parcourent déjà des centaines d’hôpitaux nord-américains. Les robots de désinfection UV ont gagné les blocs opératoires depuis la pandémie. Et plusieurs constructeurs d’humanoïdes lorgnent désormais la santé, où la pénurie d’infirmiers et de brancardiers crée une demande structurelle d’automatisation.

Crabb voit ROVeX évoluer au-delà du brancard vide. « Déplacer du matériel, des lits, des fauteuils roulants, n’importe quel moyen de bouger les patients pour que les cliniciens et les soignants se concentrent sur le soin, ce serait une victoire pour les patients comme pour le personnel. » Le pilote du Morton Plant Hospital servira de référence pour les autres établissements du groupe BayCare, qui exploite quatorze hôpitaux en Floride. Si les résultats tiennent en termes de fiabilité et d’absence d’incident, on devrait voir le système gagner d’autres sites dans les douze à dix-huit mois.

Sources : WFLA, Yahoo News / Nexstar Media.

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