Industrie

Bosch mise sur les humanoïdes pour rebondir : ses capteurs tactiles veulent donner aux robots le sens du toucher

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Le premier équipementier automobile mondial veut se relancer grâce aux robots humanoïdes. Lors d’un événement à Berlin, Bosch a confirmé miser sur la robotique et l’automatisation pour compenser une activité auto en pleine crise.

Sortir d’une automobile en crise

L’activité historique de Bosch souffre. L’automobile se transforme en ordinateur sur roues, les prix s’effondrent sous la pression des constructeurs chinois, et le groupe allemand cherche des relais de croissance. Ses métiers couvrent déjà les machines industrielles, les technologies du bâtiment et l’outillage électroportatif. La robotique humanoïde devient une nouvelle priorité.

« Avec l’avènement de la robotique humanoïde, la demande de composants et de solutions Bosch augmente », a expliqué Stefan Hartung, président du directoire, dans un communiqué. L’idée n’est pas de fabriquer le robot complet, mais d’en équiper les organes les plus sensibles.

Le pari des capteurs tactiles

Bosch domine le marché des capteurs MEMS, ces microsystèmes électroniques qui donnent aux machines un sens du toucher et de l’équilibre. Selon une étude du cabinet Yole Groupe citée par le groupe, ce marché devrait dépasser 19,2 milliards de dollars d’ici 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 4 %.

Hartung a résumé l’enjeu par une image parlante. Grâce à ces capteurs, un robot « peut déterminer, comme nous les humains, s’il doit resserrer sa prise ou non, s’il s’agit d’un objet robuste, ou s’il doit agir avec finesse parce que c’est un oeuf ». Le dirigeant a aussi rappelé l’ampleur du défi industriel : « L’humain possède 4 millions de capteurs tactiles. Si l’on construisait des robots équipés d’autant de capteurs, quatre années de production mondiale de capteurs suffiraient à peine à équiper 12 500 robots. »

Des données collectées sur 350 sites

Depuis janvier, Bosch collabore avec la start-up allemande Neura Robotics pour entraîner ses humanoïdes. Le groupe équipe des milliers de salariés sur ses 350 sites dans le monde de combinaisons bardées de capteurs, afin de récolter des données de mouvement réelles. Cette matière première alimente l’apprentissage des robots censés un jour reproduire ces gestes.

Au-delà de la diversification, l’objectif affiché est de renforcer la compétitivité des usines allemandes et de pallier une pénurie croissante de main-d’oeuvre qualifiée. Le pari rejoint celui de Renault, qui a officialisé la même semaine son robot Calvin développé avec Wandercraft. Deux signaux qui montrent que l’Europe, longtemps distancée par les États-Unis et la Chine, tente de revenir dans la course à l’IA physique.

Source : Bosch (communiqué), AFP via Boursorama, La Dépêche.