Industrie

Boston Dynamics dévoile un Atlas presque dix fois plus simple à fabriquer

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Boston Dynamics vient de dévoiler la cinquième génération de son robot humanoïde Atlas, et le changement majeur ne se voit pas au premier coup d’œil. La machine est devenue beaucoup plus simple à fabriquer, donc bien moins chère.

Presque dix fois moins de complexité

Dans un entretien accordé à Forbes, Alberto Rodriguez, directeur du comportement robotique pour Atlas, décrit un saut spectaculaire. Le nouveau modèle représente selon lui « presque un ordre de grandeur de réduction de complexité par rapport à la génération précédente ». Il précise « presque », pas un facteur dix complet, mais la direction est claire.

Concrètement, Atlas contient beaucoup moins de pièces, et surtout beaucoup moins de pièces uniques. Chaque composant unique est une chaîne d’approvisionnement à gérer, un point de défaillance à anticiper, une ligne de coût qui gonfle le prix final. En réduisant leur nombre, Boston Dynamics raccourcit le temps d’assemblage, augmente la fiabilité et fait chuter le coût, le tout en même temps.

Robot humanoïde Atlas de cinquième génération de Boston Dynamics tapant dans un ballon de football
Illustration RoboActu

Du prototype coûteux à la production de masse

Historiquement, un Atlas coûtait plus de 200 000 dollars. Ce tarif le réservait à la recherche et à quelques démonstrations spectaculaires, comme les récentes acrobaties footballistiques diffusées pour célébrer la Coupe du monde. La cinquième génération, présentée au CES en début d’année, change la donne.

Rodriguez insiste sur un point : la machine simplifiée conserve « le même niveau de performance, voire supérieur ». Autrement dit, Boston Dynamics a gagné en capacité tout en perdant en complexité. Résultat : un chemin dégagé vers la fabrication en volume, que le dirigeant qualifie de « prochaine étape ».

L’entreprise vise au moins 30 000 unités par an. Pour l’instant, Hyundai, qui a racheté les 20 % restants de Boston Dynamics qu’il ne détenait pas encore, prévoit de garder la majeure partie de la production 2026 pour ses propres usines. Les autres clients pourront acheter le robot ensuite.

L’avantage industriel de Hyundai

Avoir un constructeur automobile comme maison mère change tout. Hyundai Motor Group, qui possède aussi Kia et Genesis, vend environ sept millions de véhicules par an et figure parmi les trois plus gros constructeurs mondiaux. Fabriquer des millions d’objets fiables à bas coût, c’est précisément son métier.

Cette expertise industrielle représente un vrai danger pour les concurrents. Face à Boston Dynamics, seuls quelques acteurs comme AgiBot et Unitree savent déjà produire des humanoïdes à grande échelle. La plupart des autres assemblent encore leurs robots à la main, à des tarifs élevés.

Rodriguez rappelle toutefois que la capacité d’un robot ne dépend pas que du matériel. « C’est vraiment la combinaison du matériel et du logiciel », souligne-t-il. Le potentiel intégré au robot reste théorique tant que le logiciel de contrôle ne le débloque pas. Pour Atlas comme pour ses rivaux, le logiciel est désormais le principal goulot d’étranglement.

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