Le plus grand chantier naval du monde veut remplacer une partie de ses soudeurs par des robots autonomes. HD Hyundai développe des robots à intelligence artificielle physique entraînés sur la plateforme de simulation Isaac Sim de NVIDIA, et compte les déployer sur ses processus de construction navale.
Soudure, peinture et cintrage de tôle d’abord
Selon les informations du quotidien Herald Economy, HD Hyundai vise un déploiement concret sur site. Un responsable du groupe explique que les robots seront d’abord appliqués aux opérations de soudure, de peinture et de cintrage des tôles, avant d’envisager une extension à d’autres tâches.
Les chantiers du groupe utilisent déjà des cobots, des robots collaboratifs, dans certaines opérations. Mais ces machines exigent une intervention humaine. L’objectif d’Isaac Sim est de passer à un environnement où le robot perçoit seul son entourage et travaille de façon autonome.

Apprendre dans le virtuel avant le réel
La méthode repose sur Isaac Sim, l’outil de NVIDIA pour entraîner des robots dans des environnements virtuels. Les machines apprennent au sein d’Omniverse, un écosystème 3D où s’appliquent les mêmes lois physiques que dans le monde réel, avant d’être déployées sur les sites.
La plateforme s’appuie sur le ray tracing en temps réel pour générer des décors visuellement réalistes et sur Newton, le moteur physique nouvelle génération de NVIDIA. Les caméras et capteurs simulés fonctionnent selon le même mécanisme que les produits physiques réels, ce qui permet de valider la navigation autonome et la manipulation de précision avant tout déploiement.
Isaac Sim répond aussi au problème de la rareté des données, longtemps identifié comme le principal obstacle à l’adoption des robots IA. Les développeurs peuvent modifier l’éclairage, les couleurs et la position des objets dans des dizaines de milliers de combinaisons en quelques clics, générant ainsi des volumes d’entraînement considérables.
Un premier dans la construction navale
HD Hyundai est le premier constructeur naval au monde à adopter la plateforme Isaac Sim. Dans d’autres secteurs, Amazon l’utilise en logistique, BMW en Allemagne et Toyota au Japon dans l’automobile. Un responsable précise que le niveau de développement actuel permet déjà d’effectuer de la soudure simple sur site.
Ce chantier s’inscrit dans un projet plus vaste. Le groupe vise un chantier naval avancé du futur à l’horizon 2030, reliant par la donnée tous les processus de la conception à la construction. Le jumeau numérique de chantier mis en place l’an dernier avec Siemens et NVIDIA avait été salué au CES 2026 par Jensen Huang, patron de NVIDIA, qui y voyait un exemple parfait du concept de digital twin.
HD Hyundai avance aussi avec ses filiales HD Hyundai Samho et HD Hyundai Robotics, et développe un robot humanoïde de soudure avec Persona AI. Plus récemment, le groupe a intégré des cobots de Rainbow Robotics dans ses systèmes de soudage.
Pourquoi c’est important
La construction navale est l’un des secteurs industriels les plus difficiles à automatiser : pièces gigantesques, environnements bruyants, soudures complexes en hauteur. Si HD Hyundai parvient à y faire travailler des robots formés en simulation, il ouvre la voie à un modèle reproductible pour les industries lourdes. Et confirme qu’Isaac Sim devient l’épine dorsale logicielle de l’IA physique, du carton Amazon à la coque de pétrolier.