La jeune pousse californienne Lightberry ouvre les réservations de Lumi, un humanoïde interactif vendu 39 990 dollars. La première série comptera 100 exemplaires assemblés à San Francisco et doit être livrée en 2026.
Lightberry ne construit pas un bipède entièrement nouveau. L’entreprise part du châssis Unitree G1 et lui ajoute une tête expressive, ses propres capteurs, un système informatique NVIDIA Jetson Thor et son logiciel Lightberry OS. Cette approche réduit le travail mécanique et concentre le produit sur l’interaction avec le public.
Voir la démonstration officielle de Lumi publiée par Lightberry
Un Unitree G1 transformé pour dialoguer
Lumi mesure 1,30 mètre et compte 34 degrés de liberté. Ses deux yeux sont aussi des caméras de 1 920 par 1 200 pixels fonctionnant à 30 images par seconde. Une matrice de microphones à formation de faisceau, des haut-parleurs, des pinces parallèles et une batterie de 421 Wh complètent l’équipement annoncé.
La société affirme que le robot peut tenir une conversation, raconter une histoire, prendre des photos, rechercher une information ou guider des visiteurs. Une interface permet de modifier sa voix, sa personnalité, ses connaissances et ses mouvements. Un kit de développement doit aussi relier Lumi aux outils logiciels d’une entreprise.
Le positionnement vise donc moins la manutention lourde que l’accueil, l’animation et la médiation. Lightberry dit avoir déjà utilisé ses robots lors d’événements fréquentés par des milliers de personnes. Le produit reprend la mobilité du G1, mais veut résoudre un autre problème : rendre l’humanoïde suffisamment lisible et prévisible pour évoluer au milieu d’un public non spécialiste.
Une première série encore limitée
Le tarif de 39 990 dollars place Lumi bien au-dessus du prix d’entrée d’un Unitree G1 standard. Il finance cependant l’intégration des capteurs, du calcul embarqué, des logiciels d’interaction et du support. Lightberry annonce seulement 100 unités « Founder Edition », sans préciser encore le calendrier détaillé de fabrication ni les conditions de maintenance.
Cette petite série constitue surtout un test commercial. Les clients visés devront vérifier l’autonomie réelle, le comportement dans un lieu bruyant, la sécurité autour des enfants et la facilité avec laquelle les scénarios peuvent être adaptés. Les fonctions revendiquées restent celles du constructeur et devront être évaluées sur des déploiements durables.
Pourquoi cette annonce compte
La plupart des humanoïdes actuels sont présentés comme des machines industrielles ou domestiques. Lumi explore une troisième voie : un robot de service configuré pour créer une interaction avant d’exécuter une tâche physique complexe. En utilisant une plateforme existante, Lightberry peut aussi livrer plus vite qu’une entreprise qui développerait chaque articulation.
Le pari reste exigeant. Dans un musée, un magasin ou un salon, la qualité d’une conversation ne suffit pas : disponibilité, supervision, protection des données captées et coût d’exploitation compteront autant que le design. Les premières livraisons permettront de mesurer si cette couche logicielle et sensorielle transforme réellement le G1 en produit exploitable par des équipes sans département robotique.
Sources : fiche officielle de Lumi, annonce vidéo de Lightberry.


