Au Japon, une usine de données entraîne jusqu’à 40 robots humanoïdes

Robots humanoïdes alignés dans l’usine de données J-HRTI au Japon
La J-HRTI Kanto Data Factory peut accueillir jusqu’à 40 robots humanoïdes pour collecter des démonstrations.

Le consortium japonais J-HRTI a mis en service, mercredi 26 août, une usine de données dédiée aux robots humanoïdes à Narashino, dans la préfecture de Chiba. Le site de 1 400 m² accueille déjà 35 machines et peut en faire fonctionner jusqu’à 40.

L’objectif n’est pas d’assembler des robots, mais de leur apprendre des gestes utilisables dans les usines, les entrepôts et d’autres environnements professionnels. Des opérateurs pilotent les humanoïdes pour répéter des tâches de manipulation. Les mouvements, les images et les informations articulaires sont ensuite organisés et annotés afin de constituer des jeux de données d’entraînement.

Une chaîne complète, du geste humain au test industriel

La « J-HRTI Kanto Data Factory » est divisée en trois espaces. Une zone robotique produit les démonstrations, une zone d’annotation transforme les enregistrements en données exploitables par les modèles et une zone de test reproduit les conditions des entreprises membres. Le consortium veut ainsi raccourcir la boucle entre collecte, entraînement et validation sur une tâche réelle.

Les premières démonstrations portent notamment sur le pick-and-place : saisir un objet, le maintenir puis le déposer. Les opérateurs font varier les objets, la hauteur des plans de travail et l’éclairage. Cette diversité est indispensable pour éviter qu’un comportement appris dans une configuration précise échoue dès que le poste change.

Selon le communiqué de Yamazen, 35 humanoïdes sont actuellement présents, pour une capacité maximale de 40. ITmedia, qui a visité le site, a notamment identifié des Unitree G1. Les machines sont encore téléopérées pour produire les exemples de référence ; l’autonomie recherchée viendra ensuite, à partir des données collectées.

Mutualiser une ressource coûteuse

J-HRTI réunit cinq entreprises issues de secteurs différents, parmi lesquelles Yamazen, le groupe pharmaceutique Tsumura, DMS et Fuyo General Lease. INSOL-HIGH assure le secrétariat et l’exploitation de la plateforme de données. Les membres doivent pouvoir partager les jeux de données, les équipements de test et les retours issus des futurs déploiements.

Cette mutualisation répond à l’un des principaux verrous de la robotique d’apprentissage. Une démonstration sur un robot réel coûte beaucoup plus cher qu’une vidéo ordinaire : il faut la machine, un opérateur, un environnement sécurisé, des capteurs synchronisés et un contrôle qualité. Pour une entreprise isolée, couvrir suffisamment de variantes devient rapidement prohibitif.

Ce que cette usine peut changer

Le projet vise une mise en œuvre industrielle dès l’exercice 2026. Il ne prouve pas encore que les humanoïdes peuvent travailler sans assistance sur une ligne de production. Il fournit toutefois une infrastructure concrète pour mesurer les progrès, comparer les politiques de contrôle et réentraîner les modèles après les essais chez les partenaires.

Le choix de tâches communes à plusieurs métiers peut aussi rendre la collecte plus rentable. Des compétences comme saisir, déplacer ou trier servent aussi bien en logistique qu’en production. Si les entreprises parviennent à partager le socle tout en protégeant leurs données sensibles, J-HRTI disposera d’un actif difficile à reproduire : des gestes industriels documentés, exécutés sur des robots réels et enrichis par les retours du terrain.

Sources : communiqué de Yamazen et J-HRTI, reportage d’ITmedia.

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