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Toyota dévoile CUE7, son robot basketteur IA de 7e génération qui ne rate presque jamais

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Le 12 avril, lors de la mi-temps d’un match des Alvark Tokyo à la Toyota Arena, un joueur inhabituel a pris position sur le parquet. CUE7, le robot basketteur de Toyota, a enchaîné les lancers francs avec une régularité qui ferait pâlir bien des professionnels. Septième itération d’un projet né en 2017, ce robot incarne la stratégie de Toyota pour développer ses capacités en IA incarnée, bien au-delà de l’automobile.

74 kg, deux roues et zéro hésitation

Par rapport à son prédécesseur, CUE7 a subi une cure d’amaigrissement radicale : de 120 kg à 74 kg. Toyota a adopté une structure à deux roues inversées qui lui confère une mobilité accrue sur le terrain. Le robot utilise un système de contrôle hybride combinant apprentissage par renforcement et contrôle prédictif de modèle (MPC). Concrètement, l’IA apprend par l’expérience tandis que le système de contrôle anticipe la trajectoire optimale du ballon en temps réel.

Son design, plus élancé que celui de CUE6, évoque la silhouette d’un athlète. Toyota parle d’un équilibre entre « beauté fonctionnelle et performance dynamique ».

Neuf ans de paniers pour entraîner l’IA de demain

Le projet CUE a démarré comme un side project d’employés Toyota, avec un prototype en LEGO. En 2019, CUE3 avait déjà marqué les esprits en établissant un record Guinness : 2 020 lancers francs consécutifs réussis. Les ingénieurs avaient arrêté le test, pas le robot. En 2024, CUE6 a décroché un nouveau record pour le tir le plus long réussi par un robot.

Avec CUE7, Toyota franchit un cap technique. Le robot ne se contente plus de tirer depuis un point fixe. Il se déplace, récupère le ballon, se repositionne et ajuste chaque paramètre (angle du bras, force, posture) avant chaque tir. L’ensemble du processus est piloté par des capteurs de vision qui estiment la distance au panier et calculent la trajectoire.

Un terrain d’essai pour la robotique industrielle

Derrière le spectacle sportif, Toyota poursuit un objectif industriel. Le basketball offre un banc d’essai idéal : le robot doit identifier une cible, évaluer une distance, calculer une trajectoire, coordonner ses mouvements et doser sa force avec une constance parfaite. Ces compétences sont directement transposables aux chaînes de production, à la logistique ou à l’assistance aux personnes.

Le Toyota Frontier Research Center, qui développe CUE, a indiqué que la simulation permet désormais de condenser un an d’entraînement en une minute. Un accélérateur qui pourrait rapprocher Toyota de ses ambitions en robotique généraliste, un secteur où le constructeur japonais avance prudemment mais méthodiquement depuis plusieurs années.