Chine et Asie

XPENG démarre la production de masse de son robotaxi GX à Guangzhou et grille la politesse à Tesla et Waymo

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

XPENG a officialisé le 18 mai 2026 le démarrage de la production en série de son premier robotaxi à Guangzhou. C’est la première fois qu’un constructeur automobile chinois sort d’une chaîne de montage un véhicule autonome de niveau L4 conçu, intégré et préassemblé en interne, sans passer par un partenariat ou une adaptation d’un modèle grand public existant.

Le véhicule repose sur la plateforme GX, le SUV familial à six places que la marque vient tout juste de commercialiser en BEV et REEV. Cette base sert ici de structure pour un robotaxi pensé dès le cahier des charges autour de la conduite autonome.

Robotaxi XPENG GX produit en série à Guangzhou
Crédit : XPENG via CleanTechnica

Quatre puces Turing maison, 3 000 TOPS et pas un seul LiDAR

L’architecture technique tranche avec la concurrence. XPENG a embarqué quatre de ses propres puces Turing AI dans le robotaxi, pour un total de 3 000 TOPS de puissance de calcul utile. À titre de comparaison, le Cybercab de Tesla annoncé en octobre 2024 plafonne autour de 1 000 TOPS.

La perception, la planification et le contrôle passent par le modèle VLA 2.0, un système end-to-end qui compresse la latence sous les 80 millisecondes selon l’entreprise. La plupart des architectures concurrentes en 2025 affichent encore 100 à 200 ms.

Surtout, la voiture roule sans LiDAR et sans cartes HD. XPENG mise sur de la vision pure par caméras, dans la lignée de la philosophie défendue par Elon Musk depuis des années. Le constructeur revendique une capacité de généralisation urbaine élargie qui doit permettre des déploiements multi-villes voire transfrontaliers à terme.

Le calendrier serré de He Xiaopeng

He Xiaopeng, le patron du groupe, présente 2026 comme « la première année de la conduite autonome mondiale ». XPENG avait obtenu en janvier sa licence de tests sur voies publiques pour véhicules connectés L4 à Guangzhou, et créé en mars une division dédiée au robotaxi pour piloter le produit, la R&D et les opérations.

Les pilotes commerciaux sont prévus pour la seconde moitié de 2026 dans la métropole du Guangdong. Les opérations entièrement sans superviseur à bord doivent démarrer début 2027. La marque vise un prix sous les 200 000 yuans, environ 27 500 dollars, ce qui placerait le véhicule loin sous les standards historiques du robotaxi équipé en LiDAR.

D’après Indexbox, la production attendue se compte en plusieurs centaines à plusieurs milliers d’unités sur les 12 à 18 prochains mois. Quelques dizaines en 2026, plusieurs milliers en 2027. À comparer aux 500 000 trajets hebdomadaires que Waymo enregistre déjà dans onze villes américaines en mai 2026, et aux opérations sans chauffeur de Baidu Apollo Go dans une vingtaine de villes chinoises.

Une bataille industrielle qui se redessine

Le robotaxi GX n’est que le premier d’une série de trois modèles L4 que XPENG veut sortir d’ici 2027. La marque s’inscrit dans une stratégie « Physical AI » qui combine puces maison, modèles génératifs et plateformes véhicules. C’est aussi la première fois qu’un constructeur auto chinois sort un véhicule autonome de bout en bout, là où Baidu et Pony AI passaient par des partenariats hardware.

Pour Tesla, qui attend toujours son autorisation FSD en Chine depuis 2024, l’écart se creuse sur le marché qui compte. Le Cybercab annoncé en octobre 2024 n’a pas encore vu de production de masse, et Tesla doit composer avec une concurrence locale qui ne joue plus dans la même catégorie. Geely a déjà présenté l’EVA Cab via Caocao Mobility lors du Salon de Pékin, avec une ambition de 100 000 unités en 2030. XPENG vient maintenant ajouter sa pierre à ce mur industriel chinois.

🤖 Robots mentionnés dans cet article