Chine et Asie

UBTech lance l’UWorld U1, le robot compagnon à peau biomimétique : 13 000 unités commandées dès le premier jour

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Le 30 juin à Shenzhen, UBTech Robotics a levé le voile sur sa nouvelle gamme de robots humanoïdes grand public. L’UWorld U1 Series affiche une ambition radicalement différente de ses prédécesseurs industriels : ce n’est pas un robot d’usine, c’est un compagnon de vie, conçu pour s’intégrer dans les foyers chinois et, à terme, mondiaux.

UBTech UWorld U1, robot humanoïde compagnon à peau biomimétique présenté à Shenzhen
Crédit : UBTech Robotics

Une peau qui trompe le regard

L’UWorld U1 est recouvert d’une peau biomimétique qui imite la texture et la chaleur de la peau humaine. Le robot intègre 88 joints servo et une colonne cervicale bipivot spécialement conçue pour reproduire 90 % des mouvements d’un être humain. Des milliers de composants ont été intégrés dans la tête pour reproduire les expressions faciales avec précision. Résultat : une apparence si réaliste que certains internautes ont parlé de « golems sans âme », selon la presse britannique.

La gamme se décline en trois versions : le U1 Lite (demi-torse), le U1 Pro (corps entier, haute performance) et le U1 Ultra (corps entier, haute dynamique). Les deux modèles en version homme et femme mesurent respectivement 183 cm et 169 cm. Les prix vont de 119 800 yuans (environ 17 600 dollars) pour l’entrée de gamme à 990 000 yuans (environ 145 500 dollars) pour la version Ultra.

13 000 commandes dès le premier jour

Le chiffre a surpris les observateurs : au moment du lancement, UBTech avait enregistré 13 361 commandes cumulées. Ce nombre reflète moins un volume de vente massif qu’un changement de paradigme : les robots humanoïdes quittent les usines pour tester le marché résidentiel. Les variables compétitives changent. Il ne s’agit plus de vitesse de déplacement ou de charge utile, mais de capacité à créer un lien émotionnel durable avec l’utilisateur.

James Zhou, fondateur et PDG d’UBTech, décrit une stratégie en trois étapes. D’abord les robots remplacent les tâches dangereuses et répétitives. Ensuite ils entrent dans le quotidien et offrent des services de compagnie. Enfin, la frontière entre humains et robots s’estompe, et les individus perçoivent des revenus sous forme de « dividendes » générés par leurs machines. Un discours qui mêle vision industrielle et philosophie transhumaniste.

Un marché à 147 milliards de dollars

Les analystes de Guotai Junan Securities estiment que le potentiel du marché des robots compagnons en Chine dépasse 900 milliards de yuans (soit environ 132 milliards de dollars) : 420 milliards du côté des personnes âgées, 500 milliards pour les jeunes actifs. Le marché des robots compagnons intelligents a déjà atteint 12,86 milliards de yuans en 2025, en hausse de 24 % sur un an. UBTech, qui réalise des livraisons industrielles depuis 2025 avec sa gamme Walker S, tente de répliquer cette dynamique sur le segment grand public.

La question qui reste sans réponse : les utilisateurs accepteront-ils réellement de partager leur espace de vie avec une machine qui leur ressemble physiquement à ce point ? Les premières réactions montrent un spectre d’émotions allant de la fascination à l’inquiétude, ce qui correspond précisément à la « vallée de l’étrange » théorisée par Masahiro Mori. UBTech parie que la praticité finira par l’emporter.

Sources : KR Asia, Daily Mail