Chine et Asie

Unitree fait courir ses H1 avec des sacs à dos remplis de glace au semi-marathon de Pékin

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Pour boucler les 21,1 kilomètres du semi-marathon humanoïde de Pékin ce dimanche 19 avril 2026, les robots Unitree H1 engagés par les équipes participantes portaient un sac à dos. Pas pour stocker des données ou une batterie d’appoint. Pour contenir de la glace. Le cliché, relayé par The Humanoid Hub depuis le parcours de Yizhuang, illustre crûment l’un des verrous encore ouverts de la locomotion humanoïde sur longue distance : la dissipation thermique.

Un refroidissement passif, version artisanale

La configuration est rustique. Un sac à dos, rempli de glace, sanglé sur le dos du robot. Objectif : évacuer la chaleur générée par les moteurs des hanches, des genoux et des chevilles pendant les deux heures de course. Un H1 de série pèse environ 47 kilogrammes, dont une bonne part d’actionneurs qui chauffent dès que la cadence monte.

Robot Unitree H1 équipé d'un sac à dos de glace au semi-marathon humanoïde de Pékin
Unitree H1 avec son sac à dos rempli de glace au semi-marathon de Pékin. Crédit : The Humanoid Hub

Dans un bâtiment climatisé, cette chaleur est évacuée sans souci par des ailettes et un peu de ventilation. Sur le bitume, après plusieurs kilomètres de course à pied, la courbe de température grimpe jusqu’à menacer la précision du contrôle moteur. Les constructeurs japonais et américains qui alignaient leurs humanoïdes lors de démos en extérieur savent déjà qu’une course de fond n’est pas seulement un défi mécanique, c’est aussi un défi thermique.

Pourquoi de la glace et pas un système embarqué

Un refroidissement liquide intégré demanderait des pompes, un radiateur, du fluide, des capteurs. Soit plusieurs kilogrammes supplémentaires à transporter en permanence, alors que 90 % des cas d’usage d’un H1 ne nécessitent pas de courir pendant deux heures. La glace en sac à dos est un palliatif ciblé pour un cas d’usage ponctuel : la compétition.

Le cas est révélateur d’une étape charnière pour les humanoïdes. On sait aujourd’hui les faire marcher, courir à 10 m/s sur quelques secondes, jouer au basket ou monter des escaliers. On sait moins bien les faire tenir deux heures en régime soutenu sans tricher sur la charge utile. L’édition 2026 du semi-marathon, avec un parcours plus exigeant que l’an dernier, met cette question sous les projecteurs.

Unitree joue sa carte, seule

La marque chinoise a décidé cette année d’engager elle-même son H1 officiellement, plutôt que de laisser uniquement des équipes indépendantes s’en servir sous son nom. Une version ajustée a été préparée par les ingénieurs de Hangzhou, dérivée du modèle qui a récemment dépassé les 10 mètres par seconde en pointe. Le message envoyé au marché est clair : Unitree veut contrôler sa narration de course, et ne plus laisser la performance publique dépendre d’équipes tierces.

Le résultat final du 2e semi-marathon humanoïde de Pékin a été remporté par HONOR et son robot Lightning, qui a bouclé l’épreuve en 50 minutes 26 secondes. Unitree ne figure pas sur le podium, mais l’image de ses H1 avec sac à dos glacé restera probablement plus longtemps dans la rétine des observateurs que le chrono du vainqueur. Parce qu’elle dit, en une seule photo, où en est vraiment la robotique humanoïde en 2026.

🤖 Robots mentionnés dans cet article