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Orbit Robotics teaser HELIOS, l’humanoïde à quatre bras de l’ETH Zurich conçu pour assister les astronautes en gravité zéro

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Orbit Robotics, un projet phare de l’ETH Zurich, vient de teaser HELIOS, un humanoïde à quatre bras conçu spécifiquement pour les opérations en gravité zéro. La révélation officielle aura lieu le 27 mai à Zurich. Premier teaser visible, premier robot quadribras dédié à l’espace.

Le pitch tient en une phrase : pour réparer un satellite ou monter une habitation lunaire, deux bras ne suffisent pas. C’est de ce constat très pragmatique qu’est né HELIOS, un humanoïde à quatre bras et quatre mains dévoilé en avant-première cette semaine par l’équipe suisse d’Orbit Robotics. La présentation officielle est calée au 27 mai 2026 à l’ETH Fokus-Rollout dans la CLA Glashalle à Zurich.

HELIOS, l'humanoïde quadribras pour l'espace conçu par Orbit Robotics à l'ETH Zurich
Illustration RoboActu

Un châssis noir, des câbles partout, zéro acteurs rigides

La vidéo de teaser, diffusée sur X par le compte d’Orbit Robotics, montre un robot squelettique au châssis noir suspendu dans un banc de test. Les gros plans révèlent un système de poulies et câbles d’une complexité visible, qui tranche avec les actionneurs rigides et compacts des humanoïdes terrestres comme Atlas ou Optimus. Ce choix mécanique fait sens en orbite : poids réduit, redondance, et capacité à absorber des chocs sans casser.

« Le futur est arrivé, » écrit l’équipe d’Orbit Robotics dans son post. « Après une longue attente, nous sommes enfin prêts à révéler notre humanoïde spatial HELIOS complet. Après deux semestres de travail intense, de recherche et d’itérations, voici ce que nous avons à montrer. 4 bras. 4 mains. 1 vision. 1 rêve. »

Pas un remplaçant, un super-outil pour astronautes

Avant que la panique General Grievous ne s’installe, Orbit Robotics précise sa mission. HELIOS n’est pas conçu pour remplacer les astronautes, mais pour les augmenter. Le projet, né dans le cadre du Focus Project de l’ETH Zurich (le Federal Institute of Technology), combine « contrôle, perception, électronique, mécanique et biomécanique en un effort intégré centré sur les robots opérationnels pour l’orbite, » selon le site d’Orbit Robotics.

L’idée est de faire gagner du temps aux astronautes sur les tâches de maintenance répétitives, de réparation extérieure et d’assemblage modulaire. Deux bras tiennent la pièce, deux autres manipulent les outils. En microgravité, où chaque mouvement déclenche une réaction sur le corps entier, multiplier les points de contact change la donne.

La course aux humanoïdes spatiaux s’accélère

HELIOS débarque dans un secteur en pleine effervescence. Elon Musk a répété à de multiples reprises que Tesla Optimus était destiné à aller sur Mars. Tesla pose les bases avec son initiative Terafab, qui vise à produire des puces IA radiation-hardened capables de survivre aux ions énergétiques de l’orbite, en partenariat avec Intel. Boston Dynamics et NASA travaillent depuis 2013 sur Valkyrie, un humanoïde bipède 100% électrique pour environnements dégradés.

De son côté, Apptronik vise aussi l’orbite. Le CEO Jeff Cardenas a déclaré ouvertement que son humanoïde Apollo « commencera par travailler sur Terre, mais sur le long terme il ira sur la Station Spatiale Internationale. De la station spatiale à la Lune, à Mars et au-delà. » L’équipe d’Apptronik est issue du programme Valkyrie de la NASA. Foundation Robotics affiche pour sa part l’objectif de construire « des bases autonomes sur la Lune et Mars » comme pilier officiel de son Masterplan.

Pourquoi cette annonce compte malgré son côté prototype

Le projet d’Orbit Robotics reste un Focus Project universitaire, pas une commercialisation. Mais l’ETH Zurich est un acteur sérieux. Le laboratoire RSL de Marco Hutter y a produit ANYmal, le quadrupède devenu standard dans l’industrie, et Generative Bionics, le bipède italien désormais industrialisé par Italdesign. Quand l’ETH lance un projet d’humanoïde spatial, ce n’est pas un gadget étudiant.

L’angle quatre bras est aussi un signal industriel. Plusieurs équipes travaillent sur des configurations non bipèdes ou non humanoïdes strictes pour des environnements spécifiques : le Jizai Arms de l’Université de Tokyo (six bras portés en sac à dos), les robots de maintenance d’ABB pour le nucléaire, les bras manipulateurs ISS de l’Agence spatiale canadienne. HELIOS s’inscrit dans cette tendance : abandonner le mimétisme humain quand l’environnement justifie une autre morphologie.

Rendez-vous le 27 mai à Zurich pour la présentation officielle, avec les visuels signés Michel Elsasser. On en saura alors plus sur les actionneurs, l’autonomie embarquée et les premiers partenaires industriels d’Orbit Robotics. À suivre de près : la course aux humanoïdes spatiaux est en train de devenir un terrain de jeu sérieux, et l’Europe vient d’y poser un drapeau.

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