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Rebellions lève 400 millions de dollars : la startup coréenne de puces IA vise l’IPO pour défier Nvidia

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Le 30 mars 2026, Rebellions a annoncé avoir levé 400 millions de dollars dans un tour de financement pré-IPO, portant sa valorisation à 2,34 milliards de dollars. La startup sud-coréenne de puces d’intelligence artificielle confirme ainsi son statut de challenger sérieux face à Nvidia sur le segment des infrastructures d’inférence.

Un tour mené par les institutions coréennes

Le financement a été mené par Mirae Asset Financial Group et le Korea National Growth Fund, le fonds souverain coréen qui investit pour la première fois directement dans une startup IA dans le cadre de son initiative baptisée « K-Nvidia ». L’ambition est explicite : faire émerger un champion national capable de rivaliser avec le géant américain des puces graphiques.

Avec ce tour, Rebellions porte son financement total à 850 millions de dollars, dont 650 millions levés au cours des seuls six derniers mois. La croissance est spectaculaire pour une société fondée en 2020 qui développe des puces spécialisées pour l’inférence IA, en externalisant leur fabrication.

Deux nouveaux produits lancés simultanément

Rebellions a profité de l’annonce pour dévoiler deux nouvelles offres : RebelRack et RebelPOD. Le POD est une unité de calcul d’inférence prête pour la production. Le Rack, lui, assemble plusieurs unités en cluster scalable conçu pour les déploiements IA à grande échelle. Ce sont les briques de base pour les data centers et les fournisseurs cloud qui cherchent des alternatives à Nvidia.

Marshall Choy, directeur commercial de Rebellions, a indiqué que la startup avait récemment ouvert des filiales aux États-Unis, au Japon, en Arabie Saoudite et à Taiwan. La cible : les fournisseurs cloud, les agences gouvernementales, les opérateurs télécom et les « Neoclouds » qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs de puces.

L’inférence, nouveau terrain de bataille des puces IA

Rebellions fait le pari que la croissance future ne sera pas dans l’entraînement des modèles, mais dans leur utilisation au quotidien. Concrètement, l’inférence c’est le calcul nécessaire à chaque fois qu’un modèle répond à une question ou génère du contenu. Avec l’explosion des déploiements commerciaux de LLMs, ce marché devient colossal.

« L’IA se mesure désormais à sa capacité à opérer dans le monde réel, à grande échelle, sous contraintes énergétiques, avec un retour économique clair », explique Sunghyun Park, co-fondateur et PDG. « Ce qui déplace le centre de gravité vers l’infrastructure d’inférence. »

Rebellions n’est pas la seule à tenter de briser le monopole de Nvidia. AWS avec Trainium, Meta, Google avec ses TPUs, et une nouvelle génération de startups comme Groq ou Tenstorrent cherchent toutes à proposer des alternatives. Mais Rebellions est la première à bénéficier d’un soutien étatique explicitement dirigé contre la dépendance à un fournisseur américain.

Une IPO attendue en 2026

Le timing du tour, qualifié de « pré-IPO », laisse peu de doutes sur les intentions. Rebellions se prépare à une introduction en Bourse dans les prochains mois, même si Marshall Choy a refusé de donner une date précise à TechCrunch. La Corée du Sud mise sur ses champions technologiques pour réduire sa dépendance à l’hardware américain, une stratégie qui rappelle la montée en puissance de Samsung dans les semi-conducteurs dans les années 1980.

Pour le secteur robotique, ce type de puce d’inférence est crucial : les robots humanoïdes et les véhicules autonomes ont besoin de puces capables de traiter des données en temps réel avec une consommation d’énergie maîtrisée. Rebellions positionne explicitement ses produits pour ces marchés émergents.