D’ici 2030, la moitié des entrepôts neufs construits dans les pays développés seront conçus comme des installations « robot-centric », ou les humains ne seront plus indispensables au quotidien. C’est la prédiction publiée par le cabinet Gartner le 13 avril 2026, en amont de son Supply Chain Symposium.
Des entrepôts pensés pour les robots, pas pour les humains
Le constat de Gartner est direct : les travailleurs d’entrepôt sont de moins en plus disposés à effectuer des taches manuelles répétitives, et les employeurs peinent à recruter. La pression sur les couts salariaux et la pénurie de main-d’oeuvre poussent les directeurs supply chain à accélérer l’adoption des robots logistiques intelligents (ISR, pour intralogistics smart robotics).
« L’IA optimise les environnements d’entrepôt en temps réel, les transformant de structures statiques en systèmes agiles qui s’adaptent aux fluctuations de la demande », explique Abdil Tunca, analyste principal chez Gartner. En clair : les entrepôts du futur ne seront plus des boites fixes avec des étagères, mais des espaces reconfigurables pilotés par logiciel.
Flottes hétérogènes et orchestration multi-agents
Le marché des robots logistiques est très fragmenté. Gartner estime que la plupart des entreprises devront adopter plusieurs types de robots et une plateforme d’orchestration multi-agents pour coordonner des flottes hétérogènes. Les postes de travail, le stockage et les flux de préparation pourront être ajustés instantanément selon les variations de demande ou la disponibilité du personnel.
Concrètement, un entrepôt « human-optional » pourra réorienter ses robots préparateurs vers les commandes prioritaires en pic de demande, ou redistribuer les taches entre machines et humains quand l’effectif fluctue. Le tout sans modification physique de l’infrastructure.
Moins de lumière, moins de chauffage, plus de marge
Les avantages opérationnels vont au-delà de la productivité. Un entrepôt qui fonctionne principalement avec des robots n’a pas besoin du même éclairage ni de la même climatisation qu’un site employant des centaines de personnes. Gartner y voit un levier structurel de réduction des couts, malgré les investissements initiaux en capital.
Le cabinet recommande aux directeurs supply chain d’adopter des jumeaux numériques et des modèles de simulation dès la phase de conception, de privilégier les plateformes robotiques modulaires plutôt que l’automatisation mono-fonction, et de nouer des partenariats long terme avec les fournisseurs de robots.
Le signal pour toute la filière
Cette prédiction arrive alors que le salon MODEX 2026 vient d’ouvrir ses portes, avec des dizaines d’exposants robotiques. Locus Robotics y a lancé son nouveau produit Locus Array, Vecna Robotics a présenté une solution de préparation de commandes pilotée à la voix, et les géants comme 6 River Systems (Ocado) continuent de déployer chez des enseignes comme Foot Locker ou Lulus.
Pour les travailleurs d’entrepôt, le message est clair : le rôle humain se déplace vers la supervision, la gestion des exceptions et la maintenance. Résultat : moins de manutention, mais de nouvelles compétences à acquérir. La transition est en marche, et Gartner estime qu’elle sera à mi-chemin dans moins de quatre ans.