Chine et Asie

AIVEREST débarque en Europe avec cinq exosquelettes IA pensés pour les usines, les pompiers et les seniors

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

AIVEREST fait ses débuts européens à la Foire de Hanovre 2026. La marque d’exosquelettes, basée à Hangzhou en Chine, présente cinq modèles sur le stand C10 du hall 26 jusqu’au 24 avril. Au programme : un bras passif ultra-léger pour les chaînes de montage, trois variantes pour la taille, et un exosquelette mobile pour les premiers intervenants. Une gamme pensée pour des usages concrets plutôt que pour la démonstration technique.

Le positionnement est assumé. AIVEREST a passé deux ans à interroger des manutentionnaires, des pompiers et des personnes âgées avant de dessiner ses produits. « Chaque produit est conçu selon des critères de légèreté, de conception mécanique pour l’interaction humain-machine et de réponse à la milliseconde », précise le communiqué. Aucune fanfare sur l’IA générative embarquée, beaucoup d’insistance sur le poids et l’ergonomie.

Le bras passif à 1,9 kg pour les chaînes de montage

Le premier produit cible les travailleurs qui passent leurs journées à lever les bras au-dessus de la tête : assemblage automobile, pose de plafonds, boulangerie industrielle. Le modèle est entièrement passif, sans batterie ni câble. Il pèse 1,9 kg et fournit jusqu’à 10 kg d’assistance dynamique lors de l’élévation des bras. Selon AIVEREST, il réduit de 30 % les tensions au niveau des épaules et de la nuque.

L’absence de motorisation est un choix industriel. Pas de recharge, pas de panne électronique, pas de maintenance logicielle. Le ressort mécanique délivre son assistance en continu, ce qui simplifie le déploiement à large échelle dans un atelier où chaque minute d’arrêt coûte cher.

Trois variantes pour la taille, du 100 % actif au 100 % passif

La deuxième famille vise les préparateurs de commandes et les logisticiens qui se penchent des centaines de fois par jour pour saisir un carton. AIVEREST propose trois configurations : une version active motorisée, une version légèrement active et un modèle purement passif. Toutes trois supportent des charges de 0 à 60 kg, avec une capacité de levage nominale de 30 kg. Le constructeur annonce une réduction des pertes d’énergie atteignant 50 % sur les gestes de flexion répétés.

Cette segmentation correspond à un choix économique. Un entrepôt à gros volume pourra investir dans la version active motorisée pour ses postes les plus lourds, tout en équipant les autres en version passive moins coûteuse. Le cadre logistique et postal européen, en forte tension sur les troubles musculo-squelettiques, est un terrain fertile pour ce type d’offre.

Un exosquelette mobile pour les pompiers et secouristes

Le troisième produit est le plus technique. Conçu pour les premiers intervenants qui transportent du matériel lourd dans la fumée, la poussière et sur des sols irréguliers, il embarque une structure bionique à quatre liens. Celle-ci s’affranchit des mouvements purement planaires et autorise des trajectoires dynamiques synchronisées à l’échelle millimétrique avec les articulations humaines. Le système de portage dorsal passif réduit de 70 % les tensions aux épaules et au bas du dos, selon AIVEREST.

Le design a collectionné les récompenses internationales : iF Design Award allemand, MUSE Design Awards, New York Product Design Awards. Un signe que la marque chinoise ne se contente plus de pousser sur le prix : elle cherche aussi la reconnaissance qualitative, un terrain sur lequel les industriels allemands et japonais dominaient jusqu’ici.

L’Europe, relais de croissance naturel

La Foire de Hanovre n’est pas choisie au hasard. L’événement reste la vitrine industrielle mondiale, notamment pour l’automobile, l’énergie et l’automatisation. Les donneurs d’ordres allemands y viennent sourcer des équipements concrets, pas des prototypes. Pour une marque chinoise qui cherche à s’implanter sans la bataille frontale sur les humanoïdes, l’exosquelette offre un chemin plus discret et plus court vers le déploiement.

Le marché suit. Stellantis, BMW, Volkswagen, IKEA et plusieurs groupes logistiques ont déjà intégré des exosquelettes dans leurs usines et leurs entrepôts. En France, la SNCF et plusieurs opérateurs de la grande distribution testent des modèles concurrents. La prochaine étape pour AIVEREST sera de signer un premier grand compte européen d’ici la fin de l’année.

Source : PR Newswire