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HL Mando vise Tesla Optimus 4 : le fournisseur coréen de Boston Dynamics se prépare à concurrencer la supply chain chinoise sur les actionneurs

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

HL Mando, équipementier automobile sud-coréen qui fournit déjà les actionneurs du chien-robot Spot de Boston Dynamics, prépare une montée en gamme en Amérique du Nord pour viser un client beaucoup plus stratégique : l’humanoïde Tesla Optimus. Information révélée par KED Global ce 22 mai 2026.

La cible est précise. HL Mando ne joue pas la prochaine génération qui sort des usines Tesla, mais la suivante. La quatrième itération d’Optimus, dite Gen 4, sera le premier modèle où Elon Musk a fait passer la consigne de réduire la dépendance aux composants chinois. L’Optimus Gen 3, dont la ligne pilote de Fremont a été dévoilée hier en vidéo, repose encore largement sur des fournisseurs basés en Chine, notamment pour les actionneurs des doigts et des poignets. Une situation jugée intenable par Tesla, à la fois pour des raisons géopolitiques et pour des considérations de marge.

Boston Dynamics a ouvert la porte coréenne

HL Mando a déjà fait ses preuves en robotique. Le groupe, ancien Mando Corp avant la scission, livre depuis plusieurs années les actionneurs du quadrupède Spot, vendu par Boston Dynamics à plus de 1 500 unités cumulées dans le monde. Cette présence dans le portefeuille fournisseur de Boston Dynamics, désormais filiale de Hyundai Motor Group, a fait office de carte de visite. Hyundai a d’ailleurs annoncé le déploiement de 25 000 humanoïdes Atlas dans ses usines d’ici 2028, dont les actionneurs proviennent en partie de HL Mando.

Le pivot vers les Etats-Unis n’est pas un effet d’annonce. HL Mando dispose déjà d’usines en Géorgie et en Alabama, héritées de ses contrats avec Hyundai et Kia. La société prépare une extension dédiée aux actionneurs pour humanoïdes, sur des terrains adjacents. L’objectif est clair : raccourcir la chaîne logistique pour Tesla, dont l’usine Optimus de Fremont devrait monter en cadence sur 50 000 à 100 000 unités cette année selon les estimations dévoilées par Sawyer Merritt.

Le verrou Optimus : la main droite reste chinoise

Le bras de fer porte sur un chiffre que peu de constructeurs reconnaissent publiquement : 22 degrés de liberté par main, contre 6 maximum pour un gripper industriel standard. Chaque doigt embarque ses propres actionneurs miniaturisés, ses capteurs tactiles et ses circuits de contrôle. Cette densité fait exploser le bill of materials. Elon Musk a admis sur scène en mars que la main d’Optimus consommait à elle seule plus de 50 % de l’effort d’ingénierie de l’équipe robotique.

Aujourd’hui, ce maillon repose principalement sur des fournisseurs comme LinkerBot, AGILINK ou Yuequan, tous installés en Chine. Pour HL Mando, le pari est de proposer une alternative coréenne crédible avant que l’administration Trump n’impose de nouvelles restrictions sur les composants chinois dans les robots vendus aux Etats-Unis. L’American Security Robotics Act, porté par le sénateur Chuck Schumer, prévoit déjà un cadre.

HL Mando ne communique pas encore de volume cible ni de date précise de qualification chez Tesla. Mais l’horizon Gen 4 est cohérent avec la roadmap publique de Tesla, qui vise un million d’humanoïdes par an sortis de Fremont à partir de 2027. Si HL Mando réussit son entrée, le ratio des composants sud-coréens dans Optimus pourrait passer de quasi zéro aujourd’hui à plus de 15 % en quelques années. Suffisant pour repositionner la chaîne d’approvisionnement de l’humanoïde le plus suivi de la planète.

Source : KED Global

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