Le calendrier est désormais public. Song Ho-sung, le PDG de Kia, a confirmé lundi à Séoul lors de roadshows investisseurs cités par Korea Investment & Securities que l’humanoïde Atlas de Boston Dynamics arrivera dans l’usine Kia de Georgie en 2029. Soit un an après son premier déploiement chez le parent Hyundai Motor Group, prévu à la Hyundai Motor Group Metaplant America (HMGMA) en 2028.
C’est la première fois qu’un patron de Kia donne une date aussi précise pour Atlas. Jusqu’ici, Hyundai Motor Group communiquait sur un déploiement « à partir de 2028 » sans détailler la cadence ni les sites suivants. Song confirme que la stratégie est phasée et qu’elle suit la même logique que les autres robots du groupe.
Une montée en charge sur un à deux ans avant les autres sites
Le PDG sud-coréen détaille la méthode. Atlas sera d’abord installé chez Hyundai en Georgie, puis chez Kia un an plus tard, avec une période d’observation de 12 à 24 mois sur les deux sites américains. Objectif : accumuler des données opérationnelles et valider la sécurité avant d’envoyer les humanoïdes ailleurs dans le réseau industriel du groupe.
Concrètement, les premiers postes confiés à Atlas seront ceux que les humains préfèrent éviter : tâches physiquement exigeantes, charges lourdes, postures contraignantes. Song parle de « processes physiquement demanding » comme cible initiale, sans citer de poste précis. Une fois la fiabilité validée sur ces postes, le déploiement s’étendra aux usines étrangères qui partagent la même architecture de production.

Atlas n’est pas seul : Spot et Stretch déjà au travail
Le PDG de Kia rappelle que le groupe ne part pas d’une page blanche. Le quadrupède Spot tourne déjà dans les usines pour le scan de produits, la sécurité et les patrouilles. Stretch, le robot logistique conçu pour le déchargement de containers, sera intégré aux véhicules dits « purpose-built », à mi-chemin entre fourgon et plateforme logistique autonome. Atlas vient compléter la pile, sur les postes où il faut deux mains, une posture humaine et de la dextérité fine.
Pour Hyundai Motor Group, propriétaire de Boston Dynamics depuis 2021, cette intégration verticale est stratégique. Le groupe est à la fois client, constructeur et financier du programme Atlas, ce qui lui donne un avantage de calendrier par rapport aux concurrents qui doivent vendre leur humanoïde à des constructeurs tiers. La Metaplant America, ouverte en 2024 dans le comté de Bryan, est déjà l’usine la plus automatisée du groupe : véhicules sur AGV motorisés, robots de soudure géants, Spot en contrôle qualité.
Une carte d’identité automobile face à Tesla et Figure
Le calendrier Kia/Hyundai arrive dans une bataille industrielle qui s’accélère. Tesla démonte sa chaîne Model S et X à Fremont pour y produire Optimus à un million d’unités par an. Figure AI fait tenir des shifts de 8 heures à ses Helix-02 chez BMW. Humanoid signe un contrat à 4 chiffres avec Schaeffler en Allemagne. Hyundai joue une carte différente : moins d’effets d’annonce sur les bancs d’essai, plus de phasage industriel et de protocoles internes. Le groupe peut s’appuyer sur le travail de Boston Dynamics, qui a 30 ans d’expérience en robotique de pointe, là où Tesla et Figure construisent leur stack à partir de zéro.
Reste une inconnue de taille : le nombre d’Atlas qui seront effectivement déployés en 2028 et 2029. Song n’a pas donné de chiffre, ni de volume cible. La plupart des analystes parient sur un démarrage en dizaines d’unités plutôt qu’en centaines, le temps de roder les processus et de constituer une base de données suffisante. C’est cohérent avec la prudence affichée par le PDG sur la séquence de validation. Reste à voir si le rythme tiendra face à la pression du marché.


