La course à la bourse a commencé dans le secteur des robots humanoïdes chinois. LimX Dynamics, startup fondée à Shenzhen il y a quatre ans, annonce ce mardi une levée de fonds de près de 200 millions de dollars en phase pré-IPO, à une valorisation de 15 milliards de yuans, soit environ 2,2 milliards de dollars. L’objectif : entrer en bourse, probablement à Hong Kong, dans les prochains mois.
« Ne pas s’inscrire en bourse, c’est mourir »
Will Zhang, fondateur de LimX Dynamics, ne cache pas l’urgence. « S’inscrire en bourse est une obligation », déclare-t-il en référence explicite aux startups chinoises de voitures électriques NIO, Xpeng et Li Auto, qui ont toutes levé des capitaux aux États-Unis entre 2018 et 2020. Celles qui ont tardé, comme WM Motor, ont disparu faute de financement.
La situation du secteur humanoïde en Chine ressemble en effet à cet emballement. Le pays compte aujourd’hui plus de 100 entreprises de robots humanoïdes. Les investissements dans le secteur ont atteint 47 milliards de yuans au deuxième trimestre 2026, soit le double du premier trimestre et six fois le niveau de la même période l’année précédente, selon le fournisseur de données Xiniu.
Un tour de table international
Le financement pré-IPO de LimX réunit des investisseurs venus de trois continents : Stone Venture (Émirats arabes unis), GGG (Italie), Redstone VC (Allemagne), mais aussi IDG Capital, Lens Technology, Nio Capital et le Hefei Binhu Industry Development Group, du côté chinois. La présence d’investisseurs européens et du Golfe est un signal : la Chine ne regarde plus uniquement vers les États-Unis pour valider ses ambitions technologiques.
LimX commercialise déjà son humanoïde « Oli », exposé début juillet dans ses locaux de Shenzhen. L’entreprise a annoncé un plan pluriannuel pour livrer des milliers de robots au Moyen-Orient et déploie son modèle Luna, destiné aux services de divertissement, en Corée du Sud.
Un secteur en route vers la bourse
LimX n’est pas seule dans la file d’attente. Unitree bénéficie d’une procédure accélérée d’approbation pour son IPO à Shanghai, tandis que DeepRobot et Leju se préparent également à leur introduction. Hong Kong traite en ce moment plus de 500 dossiers de candidature à la cotation, tous secteurs confondus.
Morgan Stanley anticipe une croissance de 18 % du marché des robots industriels en Chine cette année, avec 50 000 humanoïdes expédiés au total. La banque note aussi que la pression concurrentielle entre acteurs cotés risque de peser sur les marges à terme.
Will Zhang le résume bien : la technologie derrière les robots humanoïdes a franchi le « palier zéro à un ». Le vrai défi maintenant est de construire un produit que les clients veulent vraiment utiliser. La bourse, elle, financera cette prochaine étape.