En quatre mois, le robot humanoïde CyberOne Gen2 de Xiaomi est passé de 90,2 % à 98 % de réussite sur une tâche d’assemblage automobile. Un seul point le sépare désormais du niveau d’un opérateur humain expérimenté. Les résultats ont été partagés directement par Lei Jun ce mardi 14 juillet.
Un taux de réussite qui grimpe chaque semaine
Depuis mars 2026, Xiaomi teste son humanoïde CyberOne Gen2 dans sa propre usine automobile. La première mission confiée au robot : visser des turcas autorroscantes (auto-percées) sur une station de travail en double face. Tâche répétitive, précision requise, rythme soutenu.
Au départ, le CyberOne Gen2 réussissait 90,2 % des cycles, pendant trois heures consécutives sans interruption. Quatre mois plus tard, ce taux atteint 98 %. Les opérateurs humains expérimentés sur ce poste tournent à 99 %. L’écart est désormais d’un seul point de pourcentage.
Des tâches de plus en plus complexes
Fort de ce premier succès, Xiaomi a confié au CyberOne Gen2 deux nouvelles missions plus difficiles, sur lesquelles il oscille déjà autour de 90 %.
La première : trier et ranger des panneaux latéraux de console centrale. Ces pièces en plastique sont flexibles, géométriquement irrégulières et stockées dans des conteneurs à trois rangées. Le robot doit identifier la pièce demandée, l’attraper proprement sans la déformer, puis la déposer dans le bon compartiment d’un chariot en face de lui. Quand la pièce se trouve au fond du bac, le CyberOne mobilise presque toutes ses articulations pour l’atteindre tout en maintenant son équilibre.
La seconde mission concerne les caisses de transport. Le robot doit plier et déplier les cartons utilisés pour acheminer des composants dans l’usine, en insérant ses doigts dans les anneaux d’ouverture, en libérant les fermetures, puis en coordonnant ses deux bras pour replier les faces successivement. Il peut ensuite empiler plusieurs caisses et les pousser vers la zone de stockage.
Une main qui sent avant d’agir
Ce qui distingue le CyberOne Gen2 sur ces tâches, c’est son système de contrôle haptique. Des capteurs intégrés dans les mains mesurent en temps réel la force exercée lors des contacts avec les pièces. Si un panneau se bloque, se déforme ou résiste, le robot ajuste sa trajectoire plutôt que de s’arrêter.
Concrètement : là où un robot industriel classique abandonnerait la tâche à la première anomalie, le CyberOne Gen2 tente de corriger et de terminer. Ce comportement adaptatif est essentiel pour travailler avec des pièces plastiques qui ne se comportent jamais exactement de la même manière.
Pourquoi c’est important
Xiaomi n’est pas qu’un constructeur de smartphones. Depuis 2022 et le lancement du premier CyberOne, la marque développe en parallèle une filière robotique appuyée sur ses propres lignes de production. L’enjeu est double : valider les robots dans un environnement industriel réel, et préparer une montée en charge commerciale.
Un taux de 98 % sur un poste d’assemblage auto, c’est suffisant pour envisager un déploiement sérieux sur des lignes à forte cadence. Avec une qualité équivalente à celle d’un humain, les arguments économiques deviennent difficiles à ignorer. Le contexte est connu : Foxconn est passé de 110 000 à 50 000 salariés à Kunshan en deux ans. Chez Hyundai, les syndicats ont déjà commencé à négocier avant l’arrivée des Atlas.
Xiaomi, lui, teste en direct. Et les chiffres progressent chaque mois.


